Un fonctionnaire gagne en moyenne de 18 % à 37 % de plus que son homologue du secteur privé, et ce, en tenant compte des salaires, des avantages sociaux et des heures de travail. À ce constat, le rapport La rémunération sous enquête, publié par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), ajoute que près de 20 G$ pourraient être économisés annuellement si les conditions du privé étaient appliquées au secteur public.

Selon le document, qui se base sur les données de l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011 (Statistique Canada), la fonction publique fédérale domine le classement différentiel en affichant un avantage salarial de 13 % et une différence de rémunération globale de 33,2 %.

Les fonctionnaires municipaux suivent avec un gain salarial de 8,9 % et un écart de rémunération de 22,3 %, incluant les avantages sociaux.

Les administrations provinciales se classent en troisième position avec un avantage salarial de 5,5 % et une rémunération globale supérieure de 21,2 %, avantages sociaux inclus.

À l’échelle du Québec, la supériorité salariale du public sur le privé se chiffrerait à seulement 1,4 %. Un taux qui, une fois les avantages sociaux considérés, se chiffre à 18,5 %.

De plus, la FCEI estime que la sécurité d’emploi, qui représente une valeur importante dans le monde du travail moderne, n’est pas considérée dans ce calcul permettant d’évaluer les écarts existants.

Concrètement, la FCEI dégage l’observation suivante : à fonctions équivalentes, un fonctionnaire du secteur privé gagne entre 2 150 $ et 8 150 $ de moins par année et travaille entre trois et six heures de plus par semaine.

Pour la FCEI, ces données viennent remettre en question la pertinence des demandes syndicales actuelles de hausses salariales de 13,5 % sur trois ans. Dans un contexte où les différents paliers de gouvernement doivent assumer des coupes généralisées et se soumettre à des politiques d’austérité, la FCEI considère les demandes formulées comme peu respectueuses « de la capacité de payer des contribuables ».

Recommandations au sujet des régimes de retraite

  • Éliminer des incitatifs à la prise de retraite avant 65 ans. Argument : l’espérance de vie ayant augmenté, trop de fonctionnaires reçoivent des prestations de retraite pendant plus d’années que celles travaillées;
  • Considérer des solutions réalistes au problème de la sous-capitalisation des régimes à prestations déterminées. Argument : le contribuable ne devrait pas éponger les déficits des régimes de retraite gouvernementaux. Le plafonnement des cotisations financées par les contribuables, la désindexation des prestations, leur restructuration et le partage des risques devraient être considérés;
  • Favoriser les régimes à cotisations déterminées ou les modèles de partage des risques par rapport aux régimes à prestations déterminées. Argument : les RPD sont plus complexes et plus dispendieux à gérer;
  • Uniformiser les règles de capitalisation des régimes de retraite du secteur privé et du secteur public à l’échelle canadienne. Argument : le manque de clarté, d’obligation de rendre compte et de transparence des régimes de retraite actuels doit être rectifié.

La rédaction vous recommande :