Homme inquiet devant une pile de documents.
Photo : Andriy Popov / 123RF

La pandémie de COVID-19 continue d’engendrer des conséquences financières négatives pour les petites entreprises et pour leurs dirigeants.

Les propriétaires de petites entreprises pourraient voir arriver une bien mauvaise surprise : leur fiscalité pourrait augmenter de 130%, met en garde la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Cette explosion de leur facture fiscale serait due à l’impossibilité pour bon nombre de petites entreprises d’avoir accès à la Déduction pour petite entreprise (DPE). Cette déduction est en effet destinée aux employeurs dont les salariés effectuent plus de 5 500 heures de travail dans l’année.

Mais les mesures sanitaires liées à la pandémie ont contraint de nombreux employeurs à limiter le nombre d’heures de leurs employés. Cette règle fiscale et le contexte pandémique empêcheront de nombreux employeurs d’accéder au taux réduit d’imposition, redoute la FCEI.

Cependant, Revenu Québec précise sur son site Internet qu’un ajustement de cette règle fiscale aura lieu, afin de tenir compte d’une diminution des heures rémunérées entre le 15 mars et le 29 juin 2020.

Mais la FCEI rappelle son opposition de longue date à la règle de la DPE. « La crise actuelle a mis en lumière cette injustice fiscale, mais elle était bien réelle avant la pandémie. Pour certains secteurs saisonniers, les années moins productives ou ralenties par des raisons involontaires, comme la mauvaise météo, pouvaient engendrer une augmentation soudaine de l’impôt pour certaines petites entreprises », pointe l’organisation d’entreprises indépendantes.

DES DIRIGEANTS ÉREINTÉS

Et ce n’est pas la seule mauvaise nouvelle qui menace les propriétaires d’entreprises. En effet, actuellement, seulement 62% des entreprises canadiennes sont complètement ouvertes, indique un sondage de la FCEI. Seules 31% d’entre elles ont retrouvé leur niveau de ventes habituel et une PME sur six pourrait ne jamais rouvrir ses portes.

Cette moindre activité nourrit les difficultés financières qui attendent les dirigeants d’entreprises. La pandémie a contraint 42% des dirigeants de PME à retarder leur retraite, relève le même sondage.

Certains (7%) ont même dû puiser dans leur épargne-retraite pour maintenir leur entreprise en vie. « Lorsqu’on voit comment les plans de retraite ont changé en raison de la COVID-19, il ne fait aucun doute que la crise a durement touché les chefs de PME et qu’elle vient même les affecter personnellement au sein de leur famille », observe François Vincent, vice-président Québec à la FCEI.

La crise a aussi accru l’endettement des propriétaires d’entreprises. 76 % d’entre eux croient qu’il leur faudra plus d’un an pour rembourser leurs dettes, et 11 % craignent de ne jamais pouvoir effectuer le moindre remboursement.

Cette situation inédite épuise les dirigeants de PME. La moitié d’entre eux (48%) disent avoir souffert de problèmes de santé psychologique en raison de la pandémie. La même proportion a dû travailler un nombre d’heures plus important qu’auparavant.

Et l’avenir n’est pas non plus réjouissant. Quand ils souhaiteront transférer leur entreprise, les propriétaires risquent de se retrouver face à une perte importante. Plus de la moitié d’entre eux (55 %) constatent effectivement que leur entreprise a perdu de la valeur en raison de la crise.