On dit souvent que l’argent ne fait pas le bonheur. Mais en constatant le nombre d’employés québécois insatisfaits de leur salaire, on pourrait être tentés de croire le contraire.

Pas moins d’un travailleur sur deux s’estime sous-payé et considère mériter plus, selon un sondage CROP commandé par l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA).

Cette insatisfaction des employés pourrait s’expliquer en partie par une surestimation de la rémunération de leur patron. Alors qu’ils croient que le salaire de leur supérieur immédiat est 2,4 fois plus élevé que le leur, la réalité est plutôt de 1,25 fois, en moyenne. Cet écart entre la perception et la réalité tend à augmenter en fonction des niveaux hiérarchiques.

Cela dit, lorsque vient le temps d’estimer la rémunération des PDG, les employés ont plutôt tendance à la sous-estimer.

Par ailleurs, les travailleurs évaluent mal la valeur des autres composantes de leur rémunération globale, renforçant ainsi leur perception d’être sous-payé.

« Les avantages sociaux et les conditions de travail font partie de la rémunération et ont une grande valeur. Pensons aux cotisations de l’employeur au régime de retraite, à sa contribution aux assurances collectives et à la possibilité d’obtenir une prime », soutient Manon Poirier, directrice générale de l’Ordre des CRHA.

LES LIMITES DE LA MOTIVATION PAR L’ARGENT

Bien que le salaire puisse générer une certaine force d’attraction auprès des candidats, elle n’aurait toutefois que très peu d’impact sur la motivation une fois en emploi.

« Selon plusieurs études, un boni pourra engendrer un certain degré de motivation, mais à court terme seulement. Il peut également produire l’effet inverse si des attentes sont créées, mais que rien n’est octroyé », explique Manon Poirier.

Comment améliorer la satisfaction des employés en ce qui concerne leur rémunération? Tout est une question de transparence, soutient l’Ordre des CRHA. Être clair en matière de salaire permet de réduire l’impression d’iniquité colportée par les rumeurs et les fausses perceptions. Des pratiques équitables et structurées ainsi qu’une communication adéquate sont essentielles pour susciter des effets positifs.

Seulement 54 % des travailleurs se sentent à l’aise de discuter de leur salaire avec leurs collègues. De manière générale, l’argent est un sujet plus tabou chez les femmes que chez les hommes, alors que les 18-34 ans en parlent plus facilement que les générations précédentes.


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