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Loin d’endiguer la pénurie de main-d’œuvre, la crise de la COVID-19 a plutôt rendu cet enjeu encore plus criant pour les PME québécoises, révèle un rapport de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI).

Et cette pénurie continue d’être un frein au développement des entreprises et par conséquent à la relance économique du Québec, ajoute la FCEI.

« Les entrepreneurs québécois sont déjà fatigués par la gestion de la pandémie pendant laquelle 40 % ont dû travailler significativement plus d’heures en raison de ses impacts. C’est à bout de souffle qu’ils doivent mettre les bouchées doubles pour continuer à faire fonctionner leur entreprise, car la pénurie de main-d’œuvre a comme conséquence de les faire travailler davantage », explique François Vincent, vice-président Québec à la FCEI.

Plus du quart des PME affirment avoir dû refuser des ventes ou des contrats en raison de la pénurie de main-d’œuvre et 17 % déclarent avoir annulé ou reporté des projets d’affaires.

Les secteurs manufacturier, de la construction et des services professionnels sont ceux qui sont les plus touchés par les pertes de ventes ou de contrats. Ce sont « des opportunités économiques perdues » qui nuisent à la relance économique, selon M. Vincent.

Actuellement, les PME tournent au ralenti à cause des restrictions économiques. Quand elles pourront reprendre leur rythme normal, l’enjeu de la pénurie de main-d’œuvre deviendra encore plus criant, soutient la FCEI.

DES PISTES D’ACTION

Les dirigeants sondés ont identifié des pistes d’action pour les aider à passer au travers de cette crise. Ils ont notamment mentionné une réduction des taxes et impôts (57 %), une bonification des crédits d’impôt (49 %), du soutien et de l’accompagnement dans la recherche de candidats (33 %) ainsi que l’immigration (32 %).

Les mesures annoncées dans le récent budget provincial pour aider les PME constituent une bonne base, mais elles sont insuffisantes, selon la FCEI. L’organisme entend collaborer avec le gouvernement « pour faire connaître aux entreprises les mesures qui sont déjà en place [et] pour trouver d’autres pistes d’actions efficaces et ainsi ajouter des outils au coffre des entrepreneurs » conclut M. Vincent.