La pharmacoéconomie au secours de l’assurance collective

Par La rédaction | 25 janvier 2017 | Dernière mise à jour le 15 août 2023
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Avec l’arrivée massive sur le marché de nouveaux médicaments coûteux, les régimes d’assurance collective doivent composer avec des pressions financières toujours plus fortes. Une nouvelle discipline pourrait toutefois leur donner un sérieux coup de main : la pharmacoéconomie.

La pharmacoéconomie est, comme son nom l’indique, une discipline qui vise à déterminer la valeur économique d’une thérapie pharmaceutique, explique Morneau Shepell dans la plus récente édition de son bulletin Nouvelles et opinions.

Le rôle d’un spécialiste en parmacoéconomie est principalement de comparer le rapport coût/efficacité d’un nouveau médicament avec les traitements existants, de façon à déterminer la réelle valeur ajoutée économique d’une thérapie qui vient d’entrer sur le marché.

Il pourrait par exemple conclure qu’un nouveau médicament qui ne doit être pris qu’une seule fois par jour, comparativement à l’ancien qui doit l’être trois fois par jour, sera plus avantageux d’un point de vue économique même s’il est plus coûteux. Un traitement plus simple permettra en effet une meilleure adhésion du patient, réduisant ainsi les répercussions de la non-observance : rechute, hospitalisation, exigence d’un traitement plus onéreux, etc.

LA VALEUR DE LA VIE

Il peut aussi introduire une composante supplémentaire à l’analyse : la valeur de la vie. Cet exercice des plus délicats sert par exemple à déterminer s’il est préférable ou non d’offrir une couverture d’assurance pour un traitement contre le cancer qui augmente l’espérance de vie de trois à cinq mois, mais qui coûte 200 000 $. Le rôle du spécialiste en pharmacoéconomie est alors de se baser sur des critères objectifs et des paramètres budgétaires précis.

Au terme de son analyse, il pourrait recommander d’ajouter ou non le nouveau médicament à la liste des produits assurés ou limiter son utilisation à certains stades de la maladie ou lors de l’échec d’un traitement moins coûteux.

POUR QUI?

La pharmacoéconomie est surtout utile pour les régimes d’assurance qui limitent la couverture à une liste de médicaments. Plusieurs assureurs ont élaboré de telles listes qu’ils peuvent appliquer aux régimes de leurs clients.

Par contre, si un promoteur change d’assureur, il se peut que le nouvel assureur ne puisse pas approuver la liste de médicaments de l’assureur précédent. Il pourrait donc être judicieux que le promoteur engage un spécialiste en pharmacoéconomie pour établir sa propre liste de médicaments selon ses objectifs et contraintes budgétaires, souligne Morneau Shepell.

Les promoteurs qui optent pour une liste gérée de médicaments ou qui décident de modifier la définition des médicaments assurés devront toutefois bien communiquer ce changement aux bénéficiaires. Ils devront aussi considérer l’application d’une clause «grand-père » pour les assurés qui utilisent déjà un médicament qui n’est pas sur la liste.

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