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Comment s’assurer que les sociétés puissent s’adapter à la nouvelle structure de l’économie, éviter d’être écrasées par les dettes et renflouer leur fonds de roulement?

Lors de sa plus récente rencontre, le Groupe de travail sur les mesures monétaires et fiscales, mis sur pied par l’Institut C.D. Howe, s’est penché sur l’aide dont auront besoin plusieurs entreprises pour réussir leur relance. 

Ses experts notent que le profil de nombreux demandeurs d’emprunt devrait apparaître plus risqué qu’avant la pandémie. Cela pourrait faire hésiter les prêteurs, eux-mêmes aux prises avec des incertitudes. Le soutien que la Banque du Canada a offert aux institutions financières depuis le début de la crise devrait toutefois permettre à celles-ci de fournir le capital requis par les entreprises.

SAUVER CE QUI PEUT L’ÊTRE

Le groupe de travail identifie trois types d’entreprises qui émergeront de la crise. On trouve en premier lieu les sociétés dont le modèle d’affaires ne sera plus viable, malgré le soutien financier qu’elles ont reçu. Ensuite, il y a celles dont le modèle d’affaires reste viable, mais qui doivent réaménager leurs finances et dénicher de nouvelles sources de fonds pour investir. Enfin, certaines sociétés devront se restructurer en profondeur et verront leur taille diminuer. Ce sont les membres des deux dernières catégories que les experts jugent essentiel de soutenir. 

Pour celles qui ont besoin de réorganiser leurs finances, l’aide pourrait passer par des modifications aux exigences réglementaires. Le Groupe donne l’exemple des firmes d’assurance vie, qui se voient assigner des obligations de réserve de capital uniformes pour tous leurs titres de créances non cotés, sans égard au risque réel que représente l’investissement. Elles pourraient bénéficier d’une règle similaire à celle qui permet aux banques de développer leurs propres modèles de mesure et de capitalisation des risques de leurs prêts. 

SE METTRE À L’ABRI

Les entreprises qui en éprouvent la nécessité devraient aussi se voir encouragées à utiliser les avantages que leur procure la Loi sur la faillite et l’insolvabilité et la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. Cela leur permettrait de reprendre un second souffle.

Bien sûr, certaines sociétés sont trop grosses pour passer par ce processus sans créer des dommages économiques majeurs. Le gouvernement devrait se montrer très clair en identifiant ces entreprises d’importance systémique et les critères qu’il utilise pour les choisir.

BESOIN DE TRANSPARENCE

Présentement, les acteurs économiques ont surtout besoin d’être rassurés. Le Groupe de travail encourage le gouvernement à réduire les incertitudes concernant la direction que prendront ses politiques publiques et la réglementation et à faire preuve d’une grande transparence avec le public.

La prochaine rencontre du Groupe de travail sur les mesures monétaires et fiscales doit se tenir le 20 mai, en après-midi. Rappelons qu’il est coprésidé par David Dodge, ex-directeur de la Banque du Canada, et Mark Zelmer, ancien surintendant adjoint du Bureau du surintendant des institutions financières.