Les employeurs canadiens ont encore bien du mal à gérer adéquatement la transition de leurs employés vers la retraite, faute de programmes exhaustifs et structurés, révèle l’Enquête de 60 secondes de Morneau Shepell.

Ainsi, seulement une infime proportion des 62 employeurs interrogés dans le cadre de ce sondage (6 %) permettent officiellement aux employés approchant de l’âge de la retraite de réduire progressivement le nombre de leurs heures de travail. À l’opposé, près du tiers des répondants (31 %) ont affirmé qu’ils n’offrent aucune possibilité de réduction d’heures, sauf à de rares exceptions.

La majorité des employeurs sondés (53 %) ont plutôt choisi d’adopter une approche passive, c’est-à-dire qu’ils ne permettent pas officiellement la réduction du nombre d’heures travaillées, mais qu’ils étudient les demandes individuellement.

« L’adoption d’une approche plus complète à l’égard de la retraite, en aidant les employés à réussir leur transition, peut procurer plusieurs avantages. Un départ progressif et accompagné du monde du travail facilite la planification de la relève pour l’employeur et peut améliorer la productivité et la satisfaction de l’employé, et augmenter considérablement ses chances de réussir son accession à la retraite », soutient Nigel Branker, associé chez Morneau Shepell.

PLANIFICATION DÉFICIENTE

Même si plusieurs employeurs offrent des programmes de planification de la retraite à leurs employés, leur implantation demeure fragmentaire.

Par exemple, 55 % des employeurs fournissent de l’information par l’entremise d’un site intranet ou du site d’un fournisseur externe. Les séances de planification financière ou d’information en groupe sont elles aussi relativement populaires, puisqu’elles existent dans 48 % des organisations.

En revanche, seulement 19 % des employeurs offrent des séances individuelles de planification de la retraite, tandis que les programmes destinés à soutenir les travailleurs sur les aspects psychologiques de la transition vers la retraite sont pour leur part largement marginaux (11 %).

Finalement, plus du quart des entreprises (27 %) n’offrent aucun programme de planification de la retraite à leurs effectifs.

« À mesure que l’actif détenu dans les régimes à cotisation déterminée ou d’autres régimes d’épargne croît, il devient de plus en plus important que les employeurs incitent leurs employés à participer activement à la préparation de leur retraite », ajoute Nigel Branker.

À noter que les résultats de l’enquête ne diffèrent pas énormément entre les employeurs offrant des régimes à prestations déterminées et ceux offrant des régimes à cotisation déterminée.