Les PME canadiennes sont très loin de vivre leurs jours les plus prospères. Plus du tiers d’entre elles ont enregistré une croissance nulle ou une décroissance au cours des trois dernières années, révèle une étude de la Banque de développement du Canada (BDC).

« Les revenus, les bénéfices et les emplois sont les trois dimensions de la croissance des PME, et les conclusions de l’étude sont peu réjouissantes, en particulier pour les plus petites entreprises », a affirmé Pierre Cléroux, vice-président et économiste en chef à la BDC.

Selon l’étude, 60 % des PME ont connu une croissance faible ou nulle, voire une décroissance, au cours des trois dernières années. Les entreprises les plus petites (1 à 4 employés) sont celles qui vivent dans la plus grande précarité : près de la moitié d’entre elles (46 %) ont affiché une croissance nulle ou négative. En revanche, les entreprises de taille moyenne (100 à 499 employés) sont plus en mesure de maintenir une croissance soutenue ou forte, indique la BDC.

Les chefs d’entreprise ont cité la croissance des frais d’exploitation (64 %), la difficulté d’embaucher et de maintenir du personnel qualifié (55 %) et la concurrence (48 %) comme principaux obstacles à leur croissance.

LES SECRETS DES PROS DE LA CROISSANCE

Malgré ces données décevantes, environ 30 % des PME canadiennes ont réussi à enregistrer une forte croissance et des bénéfices élevés. Ces entreprises ont vu leurs revenus et leurs bénéfices augmenter plus rapidement que le nombre de leurs employés, ce qui suggère une certaine amélioration de leur productivité, indique l’étude.

« Il existe évidemment des moyens de redresser la situation et l’un des plus importants consiste pour les entrepreneurs canadiens à investir dans les technologies pour améliorer leur efficacité », souligne Pierre Cléroux.

Le rapport d’étude met en évidence quatre stratégies qui, si elles sont mises en application, devraient permettre aux PME de générer de la croissance :

1. Développer une culture d’entreprise centrée sur le client
2. Bâtir une équipe gagnante
3. Demeurer à l’avant-garde grâce à l’innovation
4. Investir dans la capacité de production et les technologies avancées

« Une meilleure planification peut aussi fortement stimuler la croissance, indique M. Cléroux. Les grandes PME sont cependant beaucoup plus enclines que les petites à faire un exercice de planification stratégique ou de planification de la croissance. Celui-ci peut s’avérer payant, car il permet de préciser la vision, de coordonner des mesures et d’obtenir de meilleurs résultats. »