Le raffermissement du marché de l’emploi observé depuis de nombreux mois au pays est encore plus fort que ce que suggère l’actualité récente, affirme CIBC.

« Les bons chiffres vont et viennent, mais sous la surface, où se cachent habituellement les démons du marché de l’emploi, la situation est aussi en train de s’améliorer », affirme Benjamin Tal, économiste en chef adjoint, Banque CIBC. « Et là où ce n’est pas le cas, cela est principalement dû à des forces structurelles qui se situent bien au-delà de la portée des politiques monétaires. »

En plus d’avoir créé un nombre impressionnant d’emplois en 2017, à savoir plus de 420 000 postes en plus grande proportion bien rémunérés, le marché canadien de l’emploi a également enregistré une augmentation du salaire moyen. Celui-ci augmente à son rythme le plus rapide des cinq dernières années, selon M. Tal.

Même si le taux de chômage est à un creux historique, la durée du chômage, elle, augmente au pays. En effet, si les politiques monétaires de la Banque du Canada font en sorte que les gens sont moins nombreux à perdre leurs emplois, elles ont peu d’effet sur la durée des périodes de chômage.

« L’augmentation du chômage de longue durée est en grande partie due à un manque d’ajustement au sein du marché du travail qui se situe bien au-delà de la portée des politiques monétaires. » affirme M. Tal.

EMBELLIE CHEZ LES JEUNES

L’emploi est également en croissance chez les jeunes, alors que le taux de chômage diminue plus rapidement chez eux que chez les adultes. Le ratio de jeunes chômeurs par rapport aux chômeurs adultes est à peine supérieur à 2 %, un taux inférieur à la moyenne à long terme.

« En excluant les élèves du secondaire « chômeurs », le Canada aurait enregistré un taux de chômage de 5,2 % au mois de décembre 2017, au lieu des 5,7 % annoncés, ajoute M. Tal. Le fait que la majorité des élèves mettent davantage l’accent sur les études que sur l’emploi à temps partiel n’est pas un indicateur de sous-utilisation des ressources sur le marché du travail. Cela montre qu’ils se préparent activement pour le marché du travail de demain. »

LES 55 ANS ET PLUS TOUJOURS PLUS ACTIFS

Selon CIBC, les personnes âgées de 55 ans et plus représentent le segment de la population active connaissant la plus forte croissance sur le marché du travail. Cependant, elles se retirent graduellement de la population active en travaillant un nombre décroissant d’heures chaque année.

En 2017, M. Tal estime que la population des 55 ans et plus a été responsable d’une diminution d’au moins 2 % du nombre total d’heures travaillées, de loin la plus grande incidence jamais enregistrée. Et au fil du temps, cette incidence ne fera qu’augmenter, croit-il.

La réduction de la moyenne d’heures de travail est généralement interprétée comme un signe de sous-utilisation des ressources sur le marché du travail, ce qui suggère que celui-ci n’est pas aussi fort qu’il le paraît. Toutefois, M. Tal observe que cette tendance est liée à un facteur démographique que la Banque du Canada n’est pas en mesure d’inverser.

Certes, des défis attendent le marché du travail, tels que l’augmentation du salaire minimum et les négociations de l’ALENA. « En revanche, nous savons que le marché du travail est bien positionné pour affronter les défis à venir », conclut M. Tal.

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