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Selon les économistes de la Banque CIBC, l’impact persistant de la COVID-19 stimule l’absentéisme des employés et entraîne une hausse des coûts de main-d’œuvre.

Dans un nouveau rapport, les économistes de la banque suggèrent que le faible taux de chômage est quelque peu trompeur, car les employeurs obtiennent moins en termes d’offre de travail de leur main-d’œuvre en raison d’une augmentation des absences pour cause de maladie découlant de l’ère pandémique.

« En effet, la quantité d’offres que l’économie obtient actuellement d’un taux de chômage de 5,0% serait similaire à ce que nous pourrions obtenir d’un taux de chômage d’environ 6% en 2019 », note le rapport.

Alors que l’emploi a augmenté d’environ 3 % depuis le début de la pandémie, les heures travaillées n’ont augmenté que de 1,75 %, selon le rapport. Cela indique que les employeurs obtiennent moins d’heures de leur main-d’œuvre en raison d’un absentéisme accru.

En conséquence, les coûts de la main-d’œuvre pour les entreprises ont augmenté, à la fois en raison de l’augmentation du nombre de jours de congé de maladie payés et de la nécessité de recruter des travailleurs supplémentaires pour couvrir les absences, indique le rapport.

« Malheureusement, le problème semble s’être aggravé en 2022 en raison de la circulation continue de la COVID-19 dans la communauté et de la résurgence d’autres maladies », déplore le rapport.

La bonne nouvelle, selon ce dernier, est que la Banque du Canada n’aura peut-être pas besoin d’une hausse importante du chômage pour refroidir l’inflation.

« Tant que la situation sanitaire ne devient pas une contrainte encore plus grande pour l’offre, nous devrions être en mesure d’observer un relâchement des pressions inflationnistes sans une forte augmentation du taux de chômage », prévient-il.

Le rapport suggère que la pandémie pourrait laisser une cicatrice permanente sur le marché du travail.

« Si une certaine amélioration sur le front de la santé est probablement dans les cartes lorsque le temps plus chaud revient, la COVID-19 pourrait représenter un changement structurel au sein du marché du travail, note-t-il. Les saisons de rhume et de grippe ont toujours eu un impact significatif sur le marché du travail année après année, et avec la COVID-19, nous avons ajouté une autre maladie à la liste. »

Toutefois, tant que les choses ne s’aggravent pas sur le plan de la santé, cela devrait refléter un déplacement ponctuel des coûts du travail, selon le rapport.

Et comme l’effet de la COVID-19 est intégré dans les coûts de main-d’œuvre, son effet décroissant sur le taux d’inflation annuel contribuera à « réaliser une partie de la décélération nécessaire de l’IPC du Canada ».