Le taux de chômage québécois a atteint en juillet son plus faible niveau depuis 1976, annonçait récemment Statistique Canada. À 5,8 %, il se situe sous la moyenne canadienne de 6,3 %. Une bonne nouvelle pour les travailleurs, mais vos clients propriétaires de PME doivent-ils craindre une pénurie de main-d’œuvre?

En 1976, le Parti québécois prenait le pouvoir pour la première fois, le Canadien mettait la main sur la Coupe Stanley après n’avoir perdu que huit matchs dans sa saison, Sylvester Stallone incarnait Rocky pour la première fois et deux inconnus, Steve Jobs et Steve Wozniak, fondaient une petite entreprise d’informatique, qu’ils baptisaient Apple Computer Company…

Oui, il y a longtemps que le chômage avait été aussi bas au Québec. Si relativement peu d’emplois ont été créés au Québec en juillet (+4 700), il bat tout de même la moyenne canadienne sur un an. L’emploi a augmenté de 124 300 postes depuis juillet 2016, en hausse de 3 %, comparativement à une augmentation de 2,1 % pour l’ensemble du Canada. Le vieillissement de la population et la solide croissance économique expliquent en bonne partie cette performance, selon La Presse Canadienne.

JEAN QUI RIT ET JEAN QUI PLEURE

Est-ce une bonne nouvelle pour autant? Pour les travailleurs, très certainement. Mais pour les employeurs, cela pourrait causer quelques mots de tête, rappelle Karl Rettino-Parazelli dans Le Devoir. Ce dernier se demande s’il faut craindre une pénurie de main-d’œuvre, une plaie annoncée régulièrement depuis des années.

« Théoriquement, on se rapproche du plein emploi, ce qui veut dire que tout le monde qui veut travailler a un emploi, souligne Jean-Guy Côté, directeur associé de l’Institut du Québec, dans Le Devoir. On pose donc la question : est-ce qu’on va changer de discussion? Est-ce qu’on va passer d’un manque d’emplois à un manque de personnes pour les occuper? »

Pour l’instant, il ne faut pas craindre de pénurie généralisée, croit-il. Mais certains secteurs la connaissent déjà, comme le jeu vidéo et l’intelligence artificielle. Pour s’inquiéter vraiment, il faudra attendre que les employeurs cessent d’afficher des postes parce qu’ils seront sûrs de ne pas les combler.

PRÉVENIR LE PIRE

Avant d’en arriver là, le gouvernement aurait intérêt à se doter d’une politique de rétention des travailleurs âgés et d’une meilleure stratégie d’immigration, notamment pour mieux intégrer les nouveaux arrivants au marché du travail, avance M. Côté.

À ce chapitre, le Québec est loin de battre des records. En septembre 2016, une étude de l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) montrait qu’en 2012, plus de la moitié des immigrants arrivés au pays dans les cinq années précédentes étaient surqualifiés pour le poste qu’ils occupaient (contre 30 % pour les gens nés ici) et touchaient de plus faibles revenus.

Leur taux de chômage était deux fois plus élevé que celui des gens nés au pays. Une situation que l’on retrouve à Montréal, mais pas à Toronto ou Vancouver, rappelait pour sa part l’Institut du Québec en décembre 2016.

Malgré les données encourageantes, le Québec a donc encore de la marge pour améliorer sa performance en emploi. Un atout essentiel pour que tous les citoyens du Québec puissent bénéficier des ressources suffisantes pour assumer leurs dépenses quotidiennes et atteindre leurs objectifs financiers à moyen et long terme.

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