Les femmes accusent toujours un retard dans le monde de l’entrepreneuriat au Québec, mais le bilan s’améliore, particulièrement chez les jeunes.

Comme en 2009, les femmes sont à la tête d’environ 40 % des entreprises dans la province, selon une étude du Réseau M réalisée en collaboration avec la Caisse de dépôt et placement du Québec, l’Institut d’entrepreneuriat Banque Nationale–HEC Montréal et la firme de sondage Léger Marketing.

Chez les jeunes femmes de 18 à 34 ans, cette proportion grimpe toutefois à 43 %. Elles sont mêmes majoritaires (52 %) dans les entreprises créées il y a moins d’un an. « C’est porteur d’espoir, mais on verra dans le temps si la tendance se maintient », a commenté au Devoir Rina Marchand, directrice principale à la Fondation de l’entrepreneurship.

SENTIMENT D’INCOMPÉTENCE

Si les femmes sont moins portées à se lancer en affaires que les hommes, c’est en grande partie parce qu’elles se sentent moins compétentes. Chez les jeunes qui disent ne pas avoir l’intention de fonder leur propre entreprise, deux fois plus de femmes que d’hommes estiment que ces derniers résistent mieux au stress d’être à la tête d’une compagnie. Elles sont aussi trois fois plus nombreuses à croire que les hommes sont naturellement meilleurs pour faire croître une entreprise, quatre fois plus à penser qu’ils sont de meilleurs négociateurs et six fois plus à considérer qu’ils sont plus à l’aise dans l’incertitude.

« Le grand drame de cela, c’est qu’on a démontré que les femmes à la tête d’entreprises font aussi bien, et surpassent même souvent les hommes en matière d’aptitudes, d’ambitions, d’efforts et de performance », a indiqué au Devoir Rina Marchand.

CONCILIATION TRAVAIL-FAMILLE

Un autre frein à l’entrepreneuriat féminin est la conciliation travail-famille. En effet, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à chercher à concilier leur vie professionnelle et personnelle. Cela explique pourquoi la moitié des entrepeneures sont en fait des travailleuses autonomes, ce qui facilite la gestion de leur horaire. Le problème, c’est que les travailleurs autonomes ont davantage tendance à abandonner leur projet d’entreprise lorsqu’une bonne offre d’emploi se présente, note l’étude.

Dans l’ensemble, 35 % des femmes d’affaires québécoises dirigent des entreprises d’envergure locale ou régionale qui comptent des employés, alors que seulement 9 % sont à la tête d’entreprises qui font des affaires à l’international.

Pour aider les femmes à concrétiser leur rêve d’entreprise, l’étude soutient que les filles devraient être exposées, dès leur plus jeune âge, à des modèles de femmes d’affaires qui ont réussi dans différents secteurs d’activité et différentes régions. Les encourager à étudier en sciences, en finance et en technologie serait également un pas dans la bonne direction.

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