La hausse spectaculaire du prix du timbre pourrait avoir un impact majeur sur les PME. C’est du moins l’analyse de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) relativement à l’annonce faite par Ottawa la semaine dernière.

Dès le 31 mars prochain, le timbre-poste coûtera 22 % plus cher en carnet, et 37 % de plus au détail. Alors qu’il est présentement tarifé à 0,63 $, le service postal coûtera donc entre 0,85 $ et 1 $ pour les enveloppes ordinaires. Les prix des colis facturés au poids et le service international seront majorés dans une proportion similaire.

« Ces hausses risquent d’avoir un impact sur plusieurs petites entreprises qui utilisent les services postaux pour communiquer avec leurs clients, pour envoyer leurs factures ou encore pour payer leurs fournisseurs », déplore Martine Hébert, vice-présidente, Québec, de la FCEI.

Quatre-vingt-dix-huit pour cent (98 %) des PME du pays utilisent Postes Canada, alors que 40 % envoient plus de 50 lettres par mois, révèle un sondage de la FCEI mené en octobre dernier.

« De plus, 61 % des propriétaires de PME ont indiqué que l’envoi et la réception de courrier sont des éléments très importants dans l’exploitation de leur entreprise et 30 % ont indiqué que cette fonction était assez importante », avance Martine Hébert dans un communiqué de la FCEI dénonçant les hausses anticipées.

« Hausser les tarifs de façon aussi importante autant pour le courrier résidentiel que commercial n’est pas la meilleure façon de rescaper un organisme gouvernemental en difficulté », peut-on lire dans le communiqué de la FCEI.

Si les trois quarts des PME se disent opposées aux hausses, 66 % jugent cependant souhaitable l’arrêt progressif de la livraison à la porte, autre volet du plan de coupes proposé par Ottawa.

Pour la FCEI, le vrai problème des coûts à Postes Canada réside ailleurs. « L’organisation doit s’attaquer rapidement et de façon plus marquée à résoudre les problèmes au niveau des salaires et des régimes de retraite plutôt que de hausser le prix de ses services, ce qui découragera sans doute plusieurs consommateurs d’y recourir. »