Selon le 15e sondage mondial d’EY sur la fraude, le Canada est le pays qui craint le plus les cyberattaques dans le monde. Ainsi, la majorité des dirigeants canadiens (66 %) considèrent qu’il s’agit du principal risque pour leur entreprise, un résultat bien supérieur à la moyenne mondiale (37 %).

« Les récentes violations de données très médiatisées ainsi que les inquiétudes à l’égard de la protection des renseignements personnels en ligne font naître de nouveaux risques pour les entreprises canadiennes, affirme Benoit Legault, associé des Services d’enquête sur les fraudes et d’assistance en cas de différends d’EY Canada. Les menaces continues à la cybersécurité indiquent un besoin criant de plans d’intervention rigoureux et ciblés en cas d’incident afin de détecter les failles potentielles et de limiter le nombre d’attaques. »

En matière de fraude, les entreprises canadiennes peinent à s’y retrouver vu la complexité des risques inhérents aux nouvelles technologies, à la réglementation changeante et à l’application de la conformité. Elles ne prennent pas de mesures réelles pour se protéger des risques qui les entourent.

Le Canada présente plusieurs lacunes en matière de prévention des risques réglementaires. Ainsi, de nombreuses entreprises ne sont pas encore prêtes à se conformer au Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’Union européenne, s’exposant de ce fait à des risques importants.

Selon le sondage, seulement 6 % des répondants ont une bonne compréhension du RGPD contre 40 % pour le reste du monde. Pour se conformer à cette loi, les entreprises canadiennes devront effectuer les changements qui s’imposent, et pas simplement adopter de nouvelles politiques sans applications réelles.

SOUCI DE CONFORMITÉ

Effectivement, si le sondage montre que les entreprises sont généralement conscientes de l’importance de la conformité et ont des sanctions en cas de manquement aux règles, dans les faits, il existe encore de nombreux incidents coûteux tant en matière d’argent que de réputation.

Ainsi, 80 % des répondants ont affirmé qu’ils avaient des sanctions claires en cas de violation des politiques de l’entreprise, mais seuls 46 % d’entre eux sont capables de citer des exemples où la non-conformité aux politiques a effectivement entraîné des sanctions.

Quant aux raisons de se plier à la conformité, la majorité des dirigeants canadiens (76 %) le font pour bien paraître publiquement. Moins de la moitié d’entre eux (46 %) le font pour la performance de leur entreprise, ce qui est bien inférieur à la moyenne nord-américaine (70 %).

« Les entreprises canadiennes ne voient pas toujours clairement comment l’intégrité peut influencer leurs résultats, affirme Benoit Legault. Comprendre le lien entre l’intégrité et la performance de l’entreprise est essentiel pour justifier des investissements en matière de lutte à la corruption et de cybersécurité, d’autant plus que bon nombre d’entreprises priorisent leurs stratégies numériques en adoptant rapidement des technologies perturbatrices et des techniques d’analytique avancée. »

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