On s’imagine parfois que les entrepreneurs qui souhaitent démarrer une entreprise sont tous jeunes, généralement dans la vingtaine ou la trentaine. Or, les entrepreneurs ayant franchi le cap de la cinquantaine sont de plus en plus nombreux au Canada, et ils ont aussi besoin de soutien pour développer leur entreprise.

La forte croissance du nombre de Canadiens qui se lancent en affaires après 50 ans s’explique en grande partie par des facteurs démographiques, explique dans le Globe and Mail Wendy Mayhew, fondatrice de Wise Senior in Business, une firme qui offre des conseils aux entrepreneurs âgés. De récentes données de Statistique Canada indiquent qu’il y a aujourd’hui plus d’individus âgés de 55 à 64 ans que de personnes de 15 à 24 ans.

Pour certains, la prise de la retraite est le moment idéal pour démarrer l’entreprise dont ils ont toujours rêvé. Le problème, c’est que les programmes gouvernementaux qui viennent en aide à cette catégorie de gens d’affaires sont pratiquement inexistants, déplore Mme Mayhew. Résultat : les entrepreneurs âgés doivent parfois offrir leur rente de retraite, leur épargne ou leur maison en garantie.

MISER SUR LES ENTREPRISES INTERGÉNÉRATIONNELLES

« Les gouvernements doivent comprendre que le mot « entrepreneur » englobe tout le monde, peu importe l’âge ou le type d’entreprise. Ils pourraient par exemple commencer par élargir les programmes de retraite en y incluant des informations sur le démarrage d’entreprise », suggère Wendy Mayhew.

Elle souhaite également que la limite d’âge pour certains programmes offerts par des organismes comme Futurpreneur Canada (qui octroie notamment des prêts aux entrepreneurs de 39 ans et moins à des taux plus bas que les banques) ou la Banque de développement du Canada soit augmentée. L’élargissement des critères d’admissibilité permettrait selon elle de mieux soutenir les entreprises multigénérationnelles. « De telles entreprises réunissent les compétences de deux groupes d’âge différents, ce qui peut bien souvent faire leur succès », affirme Mme Mayhew.

Créer un programme intergénérationnel favorisant le démarrage d’entreprises basées sur la collaboration entre différents groupes d’âge pourrait aussi être une option, avance-t-elle.

« Il est temps pour le gouvernement de réaliser qu’il ignore une ressource précieuse dans la communauté des startups : les entrepreneurs plus âgés. Ceux-ci apportent à la fois des compétences et de l’expérience à leur entreprise tout en créant des emplois et des occasions de mentorat », conclut Wendy Mayhew.

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