Aussi contradictoire que cela puisse paraître, le désinvestissement est au cœur des stratégies des entreprises qui souhaitent générer de la croissance à long terme, selon une étude d’EY.

Plus de la moitié des entreprises canadiennes (56 %) prévoient un désinvestissement, c’est-à-dire se défaire de certains actifs, au cours des deux prochaines années, contre 49 % des entreprises à l’échelle mondiale.

La faible valeur du dollar canadien n’est pas étrangère à cette tendance.

« Les entreprises canadiennes font face à la nouvelle réalité des taux de change, explique Louis-Philippe Berti, associé des Services consultatifs transactionnels d’EY à Montréal. La conjoncture fait en sorte qu’elles sont « à vendre » pour des acheteurs étrangers, car le dollar américain ira plus loin au Canada, ce qui peut procurer un avantage aux entreprises désireuses de redéployer leurs capitaux vers leurs activités essentielles. »

Seulement 3 % des entreprises ne prévoient pas de désinvestissement au cours des deux prochaines années, alors que 41 % se disent ouvertes à cette possibilité, mais sans chercher activement à désinvestir.

DÉSINVESTIR POUR MIEUX INVESTIR

Parmi les entreprises qui ont procédé à un désinvestissement l’an dernier, 37 % ont réinvesti dans leur activité principale, 24 % ont injecté les sommes dans de nouveaux produits et marchés ou de nouvelles régions et 6 % ont fait une acquisition.

La moitié des entreprises canadiennes ont désinvesti grâce à une approche qualifiée « d’opportuniste ».

« Nous connaissons tous la grande difficulté de vendre une partie intégrée de son entreprise. Pour tirer parti de cette approche, il faut avoir une bonne idée des perspectives d’avenir pour chacune de ses activités et des enjeux associés à la séparation », soutient Sylvain Vincent, d’EY.

À l’échelle mondiale, 70 % des entreprises désinvestissent pour financer leur croissance et 84 % d’entre elles estiment qu’une telle action créera de la valeur à long terme.

Les entreprises de services financiers sont parmi les plus susceptibles de désinvestir dans un avenir proche : 43 % d’entre elles envisagent de passer à l’action dans la prochaine année.

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