Photo : Daniil Peshkov / 123RF

La direction de la multinationale montréalaise de services-conseils en technologie CGI se croit à l’abri des conséquences d’une possible récession, tandis que les entreprises ne semblent pas remettre en question leurs investissements technologiques.

C’est ce qu’a indiqué le président et chef de la direction de CGI, George D. Schindler, qui a été questionné à plusieurs reprises sur le sujet lors d’un appel visant à discuter des plus récents résultats trimestriels, mercredi. « Les technologies de l’information ne sont plus une dépense discrétionnaire », a-t-il dit.

Lors des précédentes récessions, la société s’en est relativement bien tirée, malgré un ralentissement des activités, estime le dirigeant. Les technologies ont une plus grande importance stratégique pour les entreprises que par le passé, selon lui.

George D. Schindler a évoqué les conversations qu’il a eues avec un client en Europe pour illustrer son propos. « La discussion ressemblait à ça: « Nous nous préparons pour une récession, mais nous nous préparons aussi à dépenser davantage en technologie que nous ne l’avons jamais fait ». C’est un changement. Je ne pense pas qu’on entendait ce genre de commentaire en 2008-2009 [pendant la crise financière]. »

L’intérêt marqué des analystes au sujet de la demande, qui a accaparé la majorité des questions, survient à un moment où les risques d’une récession provoquée par l’inflation et la hausse des taux d’intérêt soulèvent des craintes dans plusieurs industries.

Au cours de ses échanges avec les clients, M. Schindler dit avoir vu une « détermination » de la part des entreprises à poursuivre leurs investissements en technologie, qui leur permettent de moderniser leurs activités, d’être plus efficaces, de réduire leurs coûts et de pallier une rareté de main-d’œuvre.

Les entreprises seraient toutefois bien conscientes des risques économiques à l’horizon. Les clients de CGI ont affirmé dans une proportion de 60 % qu’ils prévoyaient des dépenses d’exploitation stables ou en baisse, selon un sondage effectué au début de l’année. Or, le coup de sonde démontre que 80 % des clients prévoient maintenir ou augmenter le budget qu’ils consacrent aux investissements technologiques.

EN MODE RECRUTEMENT

Dans cet environnement favorable, CGI continue d’embaucher. À la fin juin, l’effectif de la société avait augmenté de plus de 10 500 conseillers et professionnels par rapport à l’an dernier pour atteindre un nombre total d’environ 88 500 à l’échelle mondiale.

George D. Schindler a mentionné que l’employeur devait consacrer plus d’argent à la formation de nouveaux employés dans un contexte de rareté de main-d’?uvre, mais que les investissements porteraient leur fruit une fois que les recrues seront en mesure d’effectuer des heures facturables.

Le marché de l’emploi est toujours « très serré », malgré les annonces de mises à pied dans certaines start-up canadiennes comme Marché Goodfood et Wealthsimple, ou au sein de sociétés américaines comme Netflix. Le sondage de CGI, mentionné plus haut, évoque que 88 % de ses clients ont de la difficulté à trouver des professionnels.

RÉSULTATS SUPÉRIEURS AUX ATTENTES

La direction de CGI a fait des commentaires rassurants sur la demande tandis que la société a dévoilé des résultats légèrement supérieurs aux attentes au troisième trimestre, terminé le 30 juin.

L’analyste Daniel Chan, de Valeurs mobilières TD, croit que la progression des revenus de 7,9 %, à 3,26 milliards de dollars (G$), renforce l’hypothèse optimiste de la direction. En excluant la variation des devises, les revenus auraient augmenté de 11,5 %. « La forte croissance des revenus renforce notre confiance de la résilience des dépenses en technologies, malgré l’incertitude économique. »

Même si la croissance des revenus est forte, l’analyste Stephanie Price, de Marchés mondiaux CIBC, « voit des signes d’une normalisation de la demande ». Avec 3,41 G$ en nouveaux contrats, le ratio nouveaux contrats/facturation est de 1,05 fois. « C’est solide, mais légèrement sous la moyenne. »

La société a dévoilé un bénéfice net de 364,3 millions de dollars (M$), en hausse de 7,6 % par rapport à la même période l’an dernier.

Le bénéfice ajusté dilué par action, qui exclut certains coûts liés aux acquisitions et l’impôt, s’établit à 1,54 $, comparativement à 1,36 $ à la même période l’an dernier.

Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient un bénéfice par action de 1,53 $ et des revenus de 3,21 G$, selon la firme de données Refinitiv.

Vers midi, l’action gagnait 1,10 $, ou 1,03 %, à 108,09 $ à la Bourse de Toronto.