Les femmes entrepreneures parviennent difficilement à obtenir du financement des institutions financières, car elles sont perçues à tort comme réticentes à prendre des risques et incapables de générer la même croissance économique que les hommes, conclut une étude réalisée par BMO Groupe financier, l’Université Carleton et The Beacon Agency.

« Il y a de plus en plus de preuves qui remettent en question l’hypothèse selon laquelle les femmes entrepreneurs [sic] démontrent une aversion au risque », peut-on lire dans l’étude Une force véritable : les femmes entrepreneurs et le risque. Ainsi, le nombre de femmes travailleuses autonomes possédant une entreprise a doublé depuis 1996.

En outre, l’Enquête sur le financement et la croissance des PME d’Industrie Canada, publiée en 2011, démontre qu’il n’y a pas de différence marquée entre les entreprises appartenant à des femmes et celles détenues par des hommes du point de vue du niveau de croissance économique.

Par exemple, 9 % des sociétés possédées majoritairement par des femmes et 7,1 % de celles détenues exclusivement par des femmes avaient un taux de croissance économique de plus de 20 %, tandis que 7,8 % des entreprises appartenant exclusivement à des hommes et 7,3 % de celles détenues majoritairement par des hommes ont atteint une telle croissance économique.

L’enquête révèle également que les femmes entrepreneures ont été aussi innovatrices que leurs homologues masculins. Ainsi, 61,6 % des entreprises appartenant majoritairement à des femmes et 77,3 % des sociétés détenues exclusivement par des femmes ont enregistré un accroissement des ventes lié à l’innovation.

LA PRISE DE RISQUE N’EST PAS UNE FIN EN SOI

L’étude affirme que « la documentation et les études mettent trop l’accent sur la prise de risque comme étant le but ultime » et déplore que « les entrepreneures sont considérées à tort comme étant réticentes à prendre des risques, alors que leurs entreprises ne sont pas moins performantes que celles de leurs collègues masculins ».

Contrairement à la croyance populaire, les entrepreneures fondent leurs décisions sur la prise de risques pour favoriser la croissance de leur entreprise. Elles ont aussi tendance à adopter une approche relationnelle à plus long terme en affaires et une démarche holistique dans le calcul des décisions basées sur le risque.

Par ailleurs, l’enquête montre que les entrepreneures sont avides d’informations pouvant les aider à prendre des décisions éclairées en matière de risque et ainsi faire prospérer leur entreprise.

RELATION CONFLICTUELLE AVEC LES BANQUES

Les femmes propriétaires de sociétés sont en outre plus enclines à se financer personnellement, plutôt que de contracter une dette auprès d’une institution financière. Les femmes ne sont généralement pas satisfaites de leurs expériences avec les banques, souligne l’étude. Plusieurs d’entre elles estiment que le manque d’accès au capital les a empêchées de faire croître leur entreprise aussi rapidement qu’elles l’auraient souhaité.

Les entrepreneures évitent finalement de prendre des prêts de capital-risque ou d’investisseurs qui requièrent une plus grande part de leurs entreprises, car elles veulent souvent en garder le contrôle.

Pour faciliter l’accès au capital des femmes propriétaires d’entreprises, le rapport recommande notamment aux institutions financières de reconnaître que celles-ci sont à l’aise lorsqu’elles prennent des décisions liées au risque, d’améliorer les communications et les processus de recherche de prêts commerciaux, de mettre en place des programmes de formation, de favoriser le mentorat et d’adopter une approche plus axée sur les relations interpersonnelles lorsqu’elles travaillent avec des femmes.

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