Les PME canadiennes n’ont pas l’intention d’augmenter leurs investissements en 2016. Le contexte économique actuel les pousse plutôt à les maintenir au même niveau que l’an dernier, révèle un sondage de la Banque de développement du Canada (BDC).

Cela dit, près de trois PME sur quatre ont tout de même l’intention d’investir dans leur expansion cette année pour un montant total de 111 G$, ce qui est semblable à 2015. Ces sommes serviront principalement à financer des projets de croissance (77 % des répondants) ou stimuler la productivité ou l’efficacité (75 % des répondants).

« Même si les entrepreneurs canadiens sont prudents face à la situation économique, ils semblent généralement optimistes pour ce qui est de l’avenir de leur entreprise, a affirmé Pierre Cléroux, économiste en chef et vice-président, Recherche à la BDC. Il est encourageant de voir que les petites entreprises gardent le cap sur la croissance et la productivité malgré un contexte économique difficile. »

Le principal facteur qui limite les investissements est le manque de confiance en l’économie (48 %), selon le sondage de la BDC.

SITUATION STABLE AU QUÉBEC

Au Québec, les PME sondées par la BDC prévoient réinjecter 12 G$ dans leur entreprise en 2016, un montant similaire à l’an dernier. En comparaison, les PME ontariennes comptent investir 2 % de plus en 2016 que l’an dernier.

La recherche de croissance est la principale motivation qui pousse les PME québécoises à investir. Celles-ci font toutefois face à de nombreux obstacles, comme le manque de personnel qualifié, le manque de confiance dans l’économie et le manque d’aide gouvernementale.

La situation est plus difficile en Alberta, où la chute du prix du pétrole incitera les PME à réduire de 27 % leurs investissements.

Dans l’ensemble du Canada, la grande majorité des investissements (75 %) seront réalisés par une minorité d’entreprises (10 %). Celles-ci sont d’ailleurs plus susceptibles d’exporter et de réinjecter leurs capitaux à l’étranger.

En termes de valeur, on prévoit allouer le plus de ressources aux projets immobiliers commerciaux, avec un total de 63 G$ pour 2016, soit une hausse de 5 % par rapport à l’an dernier. L’achat de matériel informatique et de logiciels, de même que le développement de sites web et d’activités de commerce électronique ont aussi été fréquemment cités par les répondants.

« Tout indique que l’avenir appartient aux entrepreneurs qui investissent dans leur entreprise, a ajouté M. Cléroux. Ces PME affichent de meilleures perspectives de croissance, comptent un plus grand nombre d’employés et ont de meilleures chances de succès dans les marchés internationaux. Nous encourageons fortement les PME à augmenter leurs investissements dans les prochains mois. Le moment est propice, d’autant plus que le coût d’emprunt se situe à un creux historique. »

Des opportunités « énormes » en Inde

Vos clients propriétaires de PME qui veulent accroître leur présence à l’étranger devraient peut-être se tourner vers l’Inde. Exportation et développement Canada (EDC) a annoncé y avoir atteint un nouveau sommet en 2015 en consentant près de 1 G $US en financement pour faciliter les échanges commerciaux entre les entreprises canadiennes et indiennes.

« L’année 2015 est la meilleure qu’a connue EDC en Inde jusqu’à présent et le potentiel de croissance y est encore énorme », explique Nathan Andrew Nelson, représentant en chef d’EDC en Inde.

Dans l’ensemble, la valeur des services d’EDC auxquels les entreprises canadiennes et indiennes ont fait appel pour appuyer leurs transactions en 2015 est estimée à plus de 2 G $CAN. Les représentants de l’organisme à Mumbai et New Delhi ont également réalisé plus de 100 mises en relation entre des acheteurs indiens et des entreprises canadiennes en 2015.

De 2010 à 2014, les exportations de biens et services vers l’Inde ont crû respectivement de 52 % et 58 %. En 2014, 6,1 % des exportations totales de marchandises du Canada ont pris la direction de l’Inde.

LE PARTAGE DES RISQUES POPULAIRE

EDC a par ailleurs indiqué que plus de 630 PME ont utilisé son Programme de garanties d’exportations (EGP) en 2015, ce qui représente un bond de 15 % par rapport à 2014. L’EGP est une garantie à partage des risques qu’EDC fournit à la banque de l’exportateur. Il assure la banque qu’un pourcentage d’un prêt qu’elle accorde à un exportateur sera remboursé, ce qui l’encourage à prêter des sommes plus élevées.

Cette hausse a été provoquée en partie par une évolution de la couverture du programme. Dès la fin de 2014, EDC a commencé à garantir jusqu’à 100 % du prêt, une hausse par rapport à la limite précédente de 75 %. Du coup, le programme a franchi en 2015 la barre du milliard de dollars en volume annuel pour la première fois.

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