Un homme d'affaire au milieu d'un champ avec son ordinateur. Il regarde au loin avec des jumelles.
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Les pénuries de main-d’œuvre sont devenues évidentes alors que l’économie se remet du choc initial de la pandémie, et le défi posé par le vieillissement de la population canadienne ne fait qu’empirer, selon un rapport des Services économiques RBC.

Même avant la pandémie, certains secteurs avaient de la difficulté à trouver une main-d’œuvre adéquate. Selon RBC, plus d’un tiers des entreprises sont maintenant aux prises avec des pénuries de main-d’œuvre, et il y a actuellement plus de 870 000 postes vacants au Canada.

« Une grande partie de cette situation peut être attribuée aux changements d’emploi », indique le rapport, ajoutant que « la moitié des travailleurs sans emploi du secteur de l’hébergement et de la restauration qui ont trouvé un emploi au cours des 12 derniers mois l’ont fait dans d’autres industries, selon Statistique Canada. »

Ce changement de main-d’œuvre survient à un moment où les vents contraires démographiques entraînaient déjà des pénuries de travailleurs.

« Depuis 2008/2009, le vieillissement de la main-d’œuvre a soustrait un million de travailleurs à l’économie », indique le rapport, précisant que cette tendance continuera d’affliger le marché du travail alors que « des vagues de baby-boomers atteindront l’âge typique de la retraite ».

Au cours des trois prochaines années, 600 000 autres travailleurs devraient quitter le monde du travail, calcule le rapport.

Comme les entreprises s’efforcent de remplacer les travailleurs perdus, les salaires sont susceptibles d’augmenter. Et si la hausse des salaires renforce le pouvoir de marché des travailleurs, le rapport indique qu’elle crée également des difficultés pour les entreprises qui cherchent à trouver de nouveaux travailleurs et à conserver leur personnel actuel.

Outre les augmentations de salaire, la pandémie a créé de nouvelles attentes en matière de flexibilité du lieu de travail.

« Ainsi, alors que les salaires plus élevés feront partie de l’équation, les entreprises qui cherchent à recruter dans un bassin de talents limité devront également mettre l’accent, dans la mesure du possible, sur des offres d’emploi plus globales », prédit le rapport.

En définitive, l’augmentation de l’immigration devrait contribuer à combler une partie de la pénurie attendue de travailleurs, tout comme les efforts d’investissement des entreprises pour améliorer la productivité.

« Mais ces investissements mettent du temps à porter leurs fruits, précise le rapport. Dans l’intervalle, il semble probable que les pénuries de main-d’œuvre continueront de s’intensifier, plafonnant le potentiel productif de l’économie, ralentissant la croissance et maintenant la pression à la hausse sur les coûts. »