Shao-Chun Wang / 123RF

L’aide gouvernementale durant la pandémie a aidé les petites entreprises à passer à travers la crise, si bien qu’elles ont repris le chemin de la croissance.

C’est au Québec que le taux de croissance est le plus fort, soit 114 % au quatrième trimestre de 2021 comparativement à la même période en 2020, selon le rapport sur les tendances de crédit aux petites entreprises d’Equifax Canada. En Ontario, il est de 48 % et de 49 % en Alberta.

Globalement, le taux de croissance des petites entreprises est de 62 % au Canada.

HAUSSE DE L’ENDETTEMENT

Au fil de la pandémie, de nombreuses entreprises canadiennes ont pu profiter des fonds d’aide gouvernementaux par le biais de prêts et de subventions. À lui seul, le Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC) a permis d’offrir plus de 49 milliards de dollars en prêts à environ 900 000 entreprises.

Il en résulte que les petites entreprises ont augmenté leur endettement de 20,7 % ou de 35 000 $ en moyenne au cours des 12 derniers mois, selon Jeff Brown, dirigeant commercial des petites et moyennes entreprises chez Equifax Canada.

« Au début de la pandémie, les propriétaires de petites entreprises avaient tendance à utiliser l’argent du gouvernement à bon escient, soit pour rembourser en totalité ou en partie les comptes de crédit très utilisés ou en souffrance, explique-t-il. Cela s’est traduit par de meilleures cotes de crédit qui ont permis à de nombreux propriétaires de petites entreprises d’augmenter leur endettement progressivement au cours de la dernière année. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi, car les entreprises doivent dépenser pour générer des revenus. Cependant, il est important que les propriétaires de petites entreprises continuent de faire des choix financiers prudents. »

SIGNES DE DIFFICULTÉS À VENIR ?

Même si, d’une année à l’autre, les défaillances de plus de 30 jours ont chuté de 10,8 % au quatrième trimestre, des signes avant-coureurs de difficultés apparaissent dans certains secteurs.

« On remarque des signes avant-coureurs de hausse des taux de défaillance à mesure que les petites entreprises tentent de s’adapter à une reprise de la demande et des dépenses des consommateurs, ajoute Jeff Brown. Bien que de nombreuses restrictions liées à la pandémie sont maintenant levées, nous ne pouvons ignorer le fait que l’inflation et la hausse des taux d’intérêt sont une source d’inquiétude, tant pour les consommateurs que pour les propriétaires de petites entreprises. Dans ce climat d’incertitude, il se peut très bien que les consommateurs diminuent leurs dépenses. »

« Les prix de l’essence, du transport, de la nourriture et de l’immobilier sont ceux qui ont connu la plus forte hausse dans les deux dernières années. Si la tendance se maintient, le fardeau de ces hausses de prix sur les budgets des ménages pourrait ralentir les dépenses des consommateurs », a affirmé Pierre Cléroux, économiste en chef à la Banque de développement du Canada, lors d’une conférence en ligne organisée par Equifax.