Les entrepreneurs canadiens ont accès à une multitude de programmes gouvernementaux conçus pour les aider à faire croître leur entreprise, mais la majorité d’entre eux ne sont même pas au courant de leur existence.

Selon une récente étude de la firme Sage, spécialisée dans les systèmes de comptabilité, près des trois quarts (72 %) des quelque 500 propriétaires de PME canadiens sondés ne connaissent pas ou connaissent très peu les initiatives gouvernementales de soutien au développement d’entreprises. Seulement le quart considère que les initiatives du gouvernement fédéral (26 %) ou provincial (25 %) sont utiles.

Pour la plupart des entrepreneurs (51 %), les relations avec les gouvernements sont avant tout synonyme de taxes et de règlements trop nombreux. Le tiers des répondants (32 %) notent par ailleurs un manque général de soutien de la part du gouvernement.

Outre les enjeux réglementaires, les petites entreprises doivent relever des défis dans trois principaux domaines : l’attraction de nouveaux clients (45 %), les casse-têtes administratifs (39 %) et le financement (18 %).

DES PME PROCHES DES COMMUNAUTÉS LOCALES

Malgré tout, la majorité (85 %) des propriétaires de PME canadiens envisagent l’avenir de leur entreprise positivement, alors que 74 % se montrent optimistes concernant celui de l’ensemble des petites entreprises au pays.

Ils estiment également que les PME contribuent à la réputation du Canada (50 %), tout en étant plus enclines à servir leur communauté locale que les grandes entreprises (70 %).

« C’est de bon augure d’entendre que les entrepreneurs du Canada sont beaucoup plus optimistes qu’ils ne l’étaient l’an dernier lors de notre sondage mondial », affirme dans un communiqué Stephen Kelly, PDG de Sage Group.

En dépit des défis et des risques auxquels ils sont confrontés, 85 % des propriétaires de PME interrogés affirment qu’ils choisiraient tout de même la voie de l’entrepreneuriat s’ils avaient l’occasion de revenir en arrière et de faire un autre choix de carrière.

OPTIMISTES MALGRÉ LES MENACES

Un autre sondage, mené par Exportation et développement Canada (EDC), confirme lui aussi un regain d’optimisme chez les entreprises canadiennes, et ce, même si « le commerce international fait face à la plus grande menace qu’il ait connue depuis l’après-guerre », avance l’organisme.

L’indice de confiance commerciale au Canada est ainsi passé de 72,3 l’automne dernier à 73,9 ce printemps, soit une hausse de 1,6 point.

« La variation de l’indice peut paraître négligeable, mais elle en dit long sur la réaction des entreprises canadiennes devant la situation actuelle aux États-Unis, explique l’économiste en chef d’EDC, Peter Hall, dans un communiqué. Le discours anticommercial mordant au sud de la frontière aurait bien pu saper, et de beaucoup, la confiance des exportateurs. Mais étonnamment, elle a légèrement augmenté. »

Les entreprises semblent en effet trop absorbées par leurs activités actuelles pour s’alarmer de politiques encore hypothétiques. Elles sont préoccupées, soit, mais pas au point d’appréhender une détérioration des perspectives économiques à court terme, ajoute M. Hall.

Les secteurs porteurs en 2017

Les industries canadiennes de la comptabilité, de la publicité, de l’expertise-conseil et de l’ingénierie devraient toutes connaître une meilleure croissance cette année, d’après une nouvelle série de profils industriels du Conference Board du Canada. Dans les services des ressources humaines et l’immobilier, la production baissera, mais restera vigoureuse.

L’augmentation des dépenses d’infrastructure publiques aidera l’industrie de l’ingénierie, dont les bénéfices avant impôt grimperont à 3,9 G$ cette année. Du côté du secteur immobilier, les bénéfices avant impôt devraient s’élever à 15,2 G$. Les services de ressources humaines profiteront pour leur part de l’accélération de la création d’emplois au pays, tandis que les firmes d’expertise-conseil se voient de plus en plus confier des activités auparavant réalisées à l’interne par les entreprises.

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