Même si elles représentent plus de 70 % de l’emploi mondial, les PME de partout sur la planète sont les grandes oubliées de la « croissance solidaire » et n’arrivent pas à occuper un plus grand rôle dans l’économie, faute de soutien suffisant des États, affirme le Centre du commerce international (CCI) dans un premier rapport portant sur les PME.

« Cela signifie que beaucoup d’occasions de créer de la richesse sont perdues parce que trop d’entreprises n’essaient pas d’améliorer leur productivité », a expliqué à l’Agence France-Presse Arancha Gonzalez, directrice générale du CCI, une agence commune à l’ONU et à l’OMC basée à Genève.

« Ce rapport donne les outils pratiques aux gouvernements de 25 pays examinés à la loupe dans cette édition, pour améliorer la compétitivité de leurs PME et favoriser leur croissance », a-t-elle ajouté. Le rapport souligne notamment la grande différence de productivité entre les PME des pays développés et celles des pays en développement.

LES MOYENNES ENTREPRISES ABSENTES

À l’échelle planétaire, les PME représentent plus de 95 % des entreprises et contribuent à environ la moitié du PIB mondial. Selon le rapport, entre 420 et 510 millions de PME sont en activité dans le monde et une part non négligeable de celles-ci se trouvent dans les marchés émergents (310 millions).

Dans les pays en développement, la grande majorité des PME sont des micro-entreprises de moins de 10 salariés. Entre elles et les grandes entreprises, point de salut. Nommé le « maillon manquant » par le CCI, ce phénomène est le résultat de la difficulté des entreprises à financer leur croissance pour passer au stade supérieur de leur développement. Défavorisées par la fiscalité et l’accès au crédit, elles ont plutôt tendance à se décourager et à stagner. Pourtant, le CCI estime « qu’une répartition équilibrée des tailles d’entreprises stimule la concurrence sur plan intérieur et international ».

Pour chacun des 25 pays analysés dans le rapport, les experts du CCI ont évalué les secteurs dans lesquels il y a des possibilités de croissance pour les PME. Par exemple, le rapport estime que l’Indonésie n’exploite pas 63 % du potentiel d’exportation d’huile de palme vers les pays d’Asie et du Pacifique, un pourcentage qui grimpe même à 72 % vers les pays de l’OCDE.