Le secteur manufacturier est en croissance au Québec, mais cette bonne santé pourrait être affectée par des investissements trop timides et la rareté de la main-d’œuvre, révèle le plus récent Baromètre industriel québécois STIQ.

Les bonnes nouvelles d’abord. Le secteur manufacturier a enregistré en 2017 sa meilleure performance depuis plusieurs années. Le PIB découlant du secteur a augmenté de 3,5 %, comparativement à une moyenne de 0,4 % entre 2012 et 2016. Ses ventes se sont élevées à 156 milliards de dollars et son nombre de salariés atteint maintenant 419 000 personnes. Parmi les 500 entreprises de 10 à 500 employés ayant participé au Baromètre, 67 % ont vu leur chiffre d’affaires augmenter significativement en 2017 et 40 % ont aussi connu une hausse importante de leur nombre d’employés. STIQ prévoit que la croissance devrait se maintenir en 2018.

LES TRAVAILLEURS SE FONT RARES

Cette belle progression risque toutefois de se voir entravée par des difficultés de recrutement. Plus de huit PME manufacturières sur dix (82 %) éprouvent des problèmes très ou assez importants d’embauche de main-d’œuvre spécialisée. Près de six sur dix (58 %) doivent aussi lutter pour garder leurs employés spécialisés.

« Depuis les débuts de l’enquête Baromètre, ces pourcentages sont – et de loin – les plus élevés jamais observés », note le rapport du STIQ. L’enjeu de la relève est jugé assez ou très important par 73 % des PME dans ce secteur.

INVESTISSEMENTS EN BERNE

Pour compenser un manque de main-d’œuvre, il faut investir en équipement, en recherche et développement (R&D) et dans les technologies de l’information et des communications (TIC). Or, les PME manufacturières le font trop peu, avance STIQ. Seulement 13 % ont investi plus de 5 % de leur chiffre d’affaires en R&D, une proportion similaire (15 %) l’a fait dans les TIC et un tiers (32 %) a consacré une telle somme à acheter de l’équipement.

LENT VIRAGE VERS LE 4.0

Certes, près de 76 % de ces entreprises ont amorcé leur virage vers l’industrie 4.0, soit la transformation en usine intelligente. Mais la plupart n’ont pas complété ce virage et avanceraient trop lentement.

Près de 4 PME manufacturières sur dix ont un niveau de gestion jugé « artisanal », c’est-à-dire que leurs processus de production sont manuels et soutenus en partie par des outils de bureautique. Seulement 8 % ont un niveau de maturité « intégré », c’est-à-dire que leurs processus de production sont soutenus par un progiciel intégré ou des solutions complètement interconnectées.

« L’un des principaux défis pour les PME québécoises sera d’entreprendre ou de poursuivre la transition vers l’industrie 4.0, soutient Richard Blanchet, président-directeur général de STIQ, par voie de communiqué. Trop de PME manufacturières – le quart – n’ont pas encore commencé à intégrer les technologies numériques dans leurs processus opérationnels et de gestion. Les résultats du Baromètre sont probants, les entreprises qui ont intégré ou prévoient intégrer des technologies numériques réussissent mieux. »

Les entrepreneurs entendront-ils le message?

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