Les PME du Québec auraient grand besoin de main-d’œuvre non qualifiée, possédant une formation technique et une bonne connaissance du français. En somme, telles sont les recommandations adressées par la Fédération canadienne des entreprises indépendantes (FCEI) au gouvernement québécois. Une sorte d’ultimatum dont l’enjeu serait la compétitivité et la croissance des entreprises du Québec.

« Les travailleurs dotés de compétences de base ont été longtemps défavorisés par nos critères d’immigration. Nous souhaitons donc vivement que la nouvelle politique corrige le tir en ce sens », a indiqué Martine Hébert, vice-présidente principale de la FCEI. Elle a aussi tenu à rappeler l’importance d’actualiser les méthodes et pratiques du Québec en matière d’immigration économique.

Invitée à livrer ses recommandations dans le cadre des consultations sur la nouvelle politique québécoise en matière d’immigration, de diversité et d’inclusion, la FCEI a précisé plusieurs points auxquels des améliorations doivent être apportées, et ce, afin de permettre à cette catégorie d’immigrants de contribuer aux besoins du marché québécois et à sa pleine compétitivité.

La FCEI estime que les PME en mode recrutement recherchent principalement des représentants en vente et des employés de production et de corps de métier. Des besoins qui ne seraient pas arrimés aux pratiques d’immigration qui favoriseraient actuellement davantage les professionnels. La Fédération des chambres de commerce du Québec a d’ailleurs émis des recommandations similaires au début du mois.

Pas plus que le principe de déclaration d’intérêt inclus dans la documentation de consultation, qui serait similaire au programme fédéral Entrée Express du gouvernement fédéral, jugé inadéquat puisqu’il ne permet pas de « répondre aux besoins de main-d’œuvre non qualifiée ou avec une formation technique. »

Des changements qui inquiètent

Face aux changements effectués au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) par le fédéral, changements qui pourraient créer des problèmes dans certaines industries, dont la restauration et l’hôtellerie déjà victimes de la pénurie de main-d’œuvre, la FCEI y est allée d’une proposition alternative.

Le Visa d’introduction au Canada pour les travailleurs peu qualifiés permettrait ainsi aux PME de bénéficier du personnel immigrant nécessaire à la poursuite et à la croissance de leurs activités, en retour duquel les employés verraient le processus d’accès à la résidence permanente être accéléré par rapport au processus d’immigration traditionnel.

Actuellement, le Programme de l’expérience québécoise ne s’adresse qu’à la main-d’œuvre spécialisée ou diplômée. La FCEI recommande donc des modifications à cet égard.

La souplesse sur le bout de la langue

Bien que prônant l’importance de la francisation, la FCEI croit que les méthodes de sélection actuelles ont empêché la main-d’œuvre recherchée d’accéder aux postes ne demandant qu’à être comblés. « Avec des programmes de francisation souples, flexibles et bien adaptés au marché du travail, nous pourrions certainement ouvrir nos portes à des candidats qui correspondent davantage aux besoins des employeurs du Québec », a déclaré Martine Hébert.

Le mémoire complet est disponible en ligne.

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