Le fardeau fiscal québécois et canadien est trop lourd à porter pour les PME, soutient la firme Raymond Chabot Grant Thornton, qui a profité des consultations prébudgétaires des deux paliers de gouvernement pour émettre quelques recommandations visant à rendre les entreprises d’ici plus concurrentielles.

« Dans le contexte économique actuel, les entreprises ont besoin d’air frais pour souffler. La fiscalité des sociétés appliquée par le Québec et le Canada leur impose un fardeau important, ce qui freine leur capacité d’investissement, alors qu’elles doivent créer davantage de richesse, ici comme ailleurs, pour se distinguer et demeurer compétitives », a indiqué Emilio B. Imbriglio, président et chef de la direction de Raymond Chabot Grant Thornton.

La firme recommande entre autres aux gouvernements fédéral et du Québec d’abolir l’impôt des sociétés pour les PME qui ont un revenu de moins de 500 000 $, à condition qu’elles investissent les sommes épargnées dans la productivité, l’emploi et l’innovation.

Pour favoriser l’innovation, les experts de Raymond Chabot suggèrent également la création d’un crédit d’impôt à l’innovation qui permettrait aux PME d’augmenter leurs investissements en technologie tout en poursuivant leur croissance.

LA FCEI VEUT SE FAIRE ENTENDRE

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a pour sa part frappé un grand coup lundi, alors qu’elle a remis au ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, près de 6000 lettres-pétitions signées par des chefs de PME du Québec qui s’opposent à la hausse de 8 % à 11,8 % du taux d’imposition des entreprises de trois employés ou moins à compter de l’an prochain. La FCEI demande aussi au gouvernement d’abaisser le taux d’imposition de toutes les PME à 4 %.

« Il faut rappeler que ce sont 42 000 travailleurs autonomes et 33 000 petits employeurs qui verront leur taux d’imposition augmenter de 48 % en 2017 si le gouvernement ne corrige pas le tir. Or, étant déjà imposées à 8 % au Québec, nos PME sont taxées à plus du double de la moyenne canadienne, qui est de 3 % », a déclaré Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale de la FCEI.

Selon les résultats d’un récent sondage mené par l’organisme, l’abolition du taux préférentiel d’imposition accordé aux PME aurait des conséquences négatives sur l’économie de la province. Ainsi, 60 % des PME se verraient forcées de hausser leurs prix, 53 % devraient geler la rémunération de leurs employés et 47 % n’auraient d’autres choix que d’annuler ou de reporter des projets. « On ne génère pas de croissance économique en haussant les taxes et les impôts », a clamé Mme Hébert.