Les temps sont difficiles pour les PME à la recherche de capitaux, alors que le financement des petites émissions, inférieures à 20 M$, a connu cette année une baisse de 40 %. C’est la deuxième diminution consécutive du même ordre, déplore Ian Russell, président et chef de la direction de l’Association canadienne du commerce de valeurs mobilières (ACCVM).

Jusqu’ici, en 2013, les financements publics et privés des PME ont totalisé 2,5 G$ sur une base annualisée, comparativement à 3,5 G$ l’an dernier.

Dans sa plus récente lettre mensuelle, le président du lobby des courtiers de plein exercice postule que les baisses des bénéfices et des cours des matières premières, une plus faible tolérance au risque des investisseurs quant aux actions des PME, les changements fiscaux minant l’achat de titres sur les marchés privés exercent de fortes pressions à la baisse sur la capacité des PME de se financer sur les marchés.

En outre, les niveaux de financement actuels sont moitié moins importants que ceux enregistrés avant le krach de 2007, observe Ian Russell, selon qui ce sont les premiers appels publics à l’épargne de moins de 5 M$ qui se sont effondrés.

Rappelons qu’à la Bourse de croissance TSX, en octobre dernier, date des statistiques les plus récentes, la valeur moyenne des financements était de 2,4 M$.

Reconnu pour ses infrastructures de marché favorables aux entreprises de très petite capitalisation boursière, le Canada n’en subit pas moins un important déclin de sa capacité à doter la PME de capitaux propres; de 2500 financements annuels en moyenne, les marchés n’ont en tout et pour tout produit que quelque 1400 financements en 2013. À ce rythme, c’est près de 1000 financements de moins auxquels auront accès les PME cette année.

Une situation préoccupante, juge Ian Russell, qui explique que le financement par fonds propres est privilégié « plus que les autres sources de financement » par les PME. « Les marchés publics et privés pour les petites entreprises au Canada éclipsent les investisseurs providentiels, le capital de risque, le capital privé et les fonds de couverture comme source de financement par actions. »

Parce que l’accès au financement est beaucoup moins diversifié pour les PME canadiennes par rapport à leurs concurrentes américaines, « les possibilités de financement des petites entreprises canadiennes sont sérieusement compromises », soutient le président de l’ACCVM.

Le lobby des courtiers estime en outre que malgré les récentes mesures de soutien aux entreprises de capital de risque, « le gouvernement fédéral devrait se rendre compte que la politique la plus efficace pour mobiliser des capitaux est la mise en place d’allègements fiscaux » consentis notamment aux intermédiaires de marché, soit les petits courtiers qui pilotent les émissions de titres des petites entreprises.

Ian Russell propose quelques solutions pour endiguer le déclin observé. Il estime ainsi qu’une réduction des impôts sur les gains en capital permettrait l’augmentation du rendement après impôts des nouvelles actions émises par les petites entreprises.

Réduire les impôts sur les gains en capital peut se faire de deux façons, selon Ian Russell : par un « report d’impôts sur les gains en capital si les produits de la vente servent à acheter les actions admissibles d’une petite entreprise », et par « l’exonération immédiate d’impôts [permettant] de débloquer des capitaux immobilisés pour acheter des actions de petites entreprises ».

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