Une entreprise en démarrage doit déposer son bilan? Oubliez les facteurs externes du genre « le marché n’était pas prêt » pour expliquer le problème. Dans 46 % des cas, c’est l’incompétence des gestionnaires qui mène la PME à sa perte.

C’est du moins ce que constatent les statisticiens du blogue américain StatisticBrain, qui compilent et calculent toutes sortes de données sur les entreprises, le marché du travail, les parts de marchés, etc.

En compilant les données sur les faillites de 3000 PME américaines colligées par l’Université du Tennessee et le Small Business Development Center américain, on constate que dans l’immense majorité des cas, les causes de l’échec entrepreneurial se trouvent… chez les entrepreneurs eux-mêmes.

Mais, qu’est-ce que l’incompétence?

L’incompétence, qui est la cause de près de la moitié des faillites de PME aux États-Unis, se décline comme suit : le défaut de payer ses impôts, la mauvaise planification, vivre au-dessus de ses moyens, une méconnaissance de la comptabilité ou du financement ou tout simplement l’incapacité à tenir ses dossiers à jour.

L’inexpérience causerait quant à elle le tiers des faillites : une croissance trop rapide et une mauvaise gestion du passif et de l’endettement sont les facteurs menant le plus sûrement au désastre lorsque l’inexpérience est en cause.

Quant aux fraudes et aux désastres naturels, ils sont responsables de 1 % des faillites recensées par StatisticBrain.

De mauvaises décisions

Dans l’amas de causes menant au mur, certaines décisions prises par les gestionnaires se démarquent.

Au premier chef, se lancer en affaires pour les mauvaises raisons semble être un des premiers vecteurs d’échec. Écouter les conseils d’amis ou de proches arrive bon deuxième, devant le bon vieux « être au mauvais endroit au mauvais moment ».

Viennent ensuite plusieurs types d’erreurs axées sur une mauvaise évaluation des choses : ainsi, avoir gravement sous-estimé le temps et l’énergie nécessaires au lancement d’une PME, la méconnaissance de son marché ou le manque de recul par rapport à un produit sont quelques-unes des autres causes menant à l’échec d’une PME.

Des bons coups

Il y a cependant des choses à retenir de cette analyse des grandeurs et misères de la mort des PME.

Ainsi, plus de la moitié des entreprises qui franchissant le cap de la quatrième année ont d’excellentes chances de vivre plusieurs autres années, et ce, quelle que soit l’industrie dans laquelle elles sont en activité. Une exception cependant : seulement 37 % des PME œuvrant dans le secteur de l’information franchissent la quatrième année d’opérations. En finance et assurance, la proportion est de 68 %.

L’analyse statistique identifie enfin quelques secteurs dans lesquels les chances de succès et de survie semblent presque assurées : la gestion immobilière, les cliniques médicales, les services de garde, la production maraîchère et les organisations religieuses.