Seulement 39 % des employeurs canadiens ont mis en place une stratégie de santé mentale, selon des recherches du Conference Board du Canada.

Signe qu’il s’agit encore d’un enjeu délicat, 30 % des employeurs ont indiqué qu’ils « ignoraient comment aborder le thème de la santé mentale ».

Les employeurs du secteur public sont beaucoup plus susceptibles (47 %) que les organisations du secteur privé (33 %) d’avoir mis en œuvre une stratégie de santé mentale dans leur milieu de travail.

« De nombreux employeurs ont mis en place des initiatives en matière de santé mentale, mais la majorité d’entre eux n’ont pas de stratégie de santé mentale proactive qui réponde aux risques en milieu de travail pouvant avoir des effets négatifs sur la santé et le mieux-être de leurs employés », affirme Louise Chénier, gestionnaire, Recherche sur le mieux-être et la santé en milieu de travail au Conference Board du Canada.

MANQUE DE RESSOURCES

Les employeurs évoquent plusieurs facteurs pour expliquer leurs lacunes en gestion de la santé mentale :

  • des ressources financières et humaines limitées, ou un manque de temps (56 %);
  • un manque de connaissances sur la façon d’aborder la santé mentale (32 %);
  • les stratégies de santé mentale ne sont pas obligatoires légalement parlant (23 %);
  • la santé mentale ne constitue pas un problème dans le milieu de travail (31 %).

Notons que les employeurs des secteurs de la santé, de l’éducation, de la finance, de l’assurance et de l’immobilier, ainsi que de l’administration et des services publics, sont plus susceptibles d’avoir mis en place une stratégie de santé mentale.

Le Conference Board observe d’ailleurs « que la prévalence de problèmes de santé mentale est jugée plus forte dans le secteur des services que dans d’autres secteurs d’activité ».

Inversement, les employeurs des secteurs traditionnellement dominés par les hommes, comme le transport et l’entreposage, la fabrication, la construction et les ressources naturelles, sont moins susceptibles d’avoir mis en place une stratégie de santé mentale.

TRAITEMENT OU PRÉVENTION?

En outre, si 72 % des employeurs croient que leurs programmes ont soutenu de manière efficace les employés aux prises avec un problème de santé mentale, seulement 56 % des répondants estiment que leurs programmes aident activement les employés à rester en bonne santé mentale, d’après les conclusions du rapport.

Le rapport intitulé Un cerveau en santé au travail : programmes et prestations en matière de santé mentale parrainés par les employeurs est basé sur une enquête menée auprès de 239 employeurs canadiens.