Même si les entreprises ayant une main-d’œuvre ethniquement diversifiée se portent mieux financièrement, seulement 6 % des entrepreneurs canadiens se tournent vers les travailleurs immigrants lorsqu’ils tentent de recruter des employés qualifiés.

Pourtant, ce sont les entreprises capables de s’adapter à l’évolution démographique de la main-d’œuvre et aux tendances technologiques qui sont les mieux outillées pour se démarquer dans un marché hautement concurrentiel, selon une étude de la Banque de développement du Canada (BDC) dévoilée dans le cadre de la Semaine de la PME.

« Notre sondage démontre que les entrepreneurs devraient mieux comprendre la façon dont les néo-Canadiens peuvent contribuer à leur entreprise, affirme Pierre Cléroux, vice-président, Recherche et économiste en chef à BDC. Beaucoup de propriétaires d’entreprise ratent une belle occasion de puiser dans cet important bassin de talents. »

Une plus grande ouverture à la diversité est particulièrement souhaitable dans un contexte où l’immigration représentera les deux tiers de la croissance démographique canadienne en 2022, selon des données de Statistique Canada. D’ici 2032, elle pourrait même représenter jusqu’à 80 % de cette croissance.

Selon l’étude de BDC, les entreprises qui ont pris des mesures pour faciliter l’embauche d’employés qualifiés (par exemple, de néo-Canadiens) prévoient une croissance annuelle de leurs revenus.

RETARD TECHNOLOGIQUE

En plus de s’ouvrir à la diversité, les PME devront plus que jamais s’adapter aux nouvelles technologies. Selon BDC, les entreprises qui ont adopté les technologies numériques ont amélioré leur expérience client (49 %), stimulé la croissance de leurs revenus (34 %) et augmenté leur efficience en réduisant leurs coûts (36%) et en améliorant leur productivité (45 %).

Pas moins de neuf consommateurs sur 10 visitent systématiquement le site web d’une entreprise avant de communiquer avec elle pour obtenir des renseignements. Dans le domaine du commerce inter-entreprises, plus de la moitié du processus d’achat a lieu en ligne avant que l’on fasse appel à un représentant commercial.

L’étude suggère toutefois que les petites entreprises sont peu nombreuses à adopter les technologies numériques, si l’on fait abstraction de leur présence sur les médias sociaux. En effet, moins du quart des entreprises de moins de 20 employés utilisent actuellement des plateformes de commerce électronique. Cette proportion devrait toutefois passer à environ 48 % d’ici 2020.

Le sondage de BDC a été réalisé en ligne auprès de 1 413 chefs d’entreprise au Canada.

Entre risque et potentiel

Plus de 20 % des entreprises ayant des revenus se situant entre 1 million et 3 milliards de dollars américains citent la disruption technologique comme leur plus grand défi, tout en reconnaissant son grand potentiel.

« Il ne fait aucun doute que la [technologie de rupture] gagne du terrain, indique François Tellier, leader des Marchés de croissance d’EY pour le Canada. Et c’est particulièrement vrai au Canada, où des villes comme Toronto et Montréal s’établissent de plus en plus comme des plaques tournantes de l’intelligence artificielle. Les entreprises ont peut-être l’impression de perdre du terrain dans certains secteurs comme le numérique et le commerce électronique, mais elles sont conscientes qu’elles doivent leur consacrer plus de temps et de ressources. »

Toutefois, le recrutement de gens ayant les bonnes compétences pour relever les défis du monde numérique est de plus en plus complexe, ce qui témoigne du lien étroit entre la technologie et le talent, suggère M. Tellier. « L’avènement de nouvelles technologies met en lumière la nécessité de développer les compétences appropriées. »

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