Femme stressée, devant son ordinateur portable.
Photo : mapodile / iStock

Le stress financier qui ronge les employés coûte cher aux entreprises. Préoccupés par l’inflation rampante et la menace de récession, ils n’offrent pas la même performance au travail. Cela se traduit par une perte de productivité dont la facture s’élèverait à 40 milliards de dollars (G$) pour les employeurs, selon une nouvelle étude de l’Institut national de la paie (INP).

À ce chapitre aussi, les coûts explosent. En 2021, la perte de productivité était estimée à 26,9 G$.

Autre signe que la situation est loin de s’améliorer : l’inquiétude financière gagne un nombre accru de Canadiens. Une autre étude de l’INP menée plus tôt cette année a démontré que 72 % des travailleurs canadiens passent au moins une partie de leur journée de travail à gérer activement leurs finances personnelles ou à y réfléchir (contre 68 % en 2021).

« En moyenne, un travailleur stressé financièrement passe près de 30 minutes par jour à gérer sa situation financière plutôt que d’effectuer ses tâches professionnelles, explique Peter Tzanetakis, président de l’INP. Au cours de l’année, cela représente plus de trois semaines de perte de productivité par employé. »

RÉDUIRE LES DISTRACTIONS AU TRAVAIL

En ce temps de « démission silencieuse », de « grande retraite » des baby-boomers et de pénurie de main-d’œuvre, les entreprises doivent se préoccuper des répercussions du stress financier sur leurs employés.

En effet, celui-ci entraîne une augmentation de l’absentéisme, une diminution de la motivation et des relations plus tendues entre employés. Au final, cela joue sur le taux de roulement qui monte en flèche.

Pour aider les entreprises à passer à l’action, l’INP a publié une nouvelle version de son Évaluateur de santé financière pour les entreprises. Cet outil permet de déterminer à l’aide d’une série de questions si les travailleurs se trouvent dans la grappe des financièrement à l’aise ou des financièrement stressés.

Le questionnaire est fait de façon à ce que l’entreprise ne puisse pas identifier lesquels de ses employés font partie d’un groupe ou l’autre. Elle peut toutefois évaluer la gravité et l’urgence du problème au sein de l’organisation et décider des solutions à mettre en place pour aider ceux qui sont les plus affectés par leur situation financière.

Parmi les actions à privilégier, l’entreprise peut offrir des services et des conseils budgétaires et mettre en place des programmes d’épargne automatique avec des contreparties de l’employeur.