Les statistiques se suivent et révèlent l’impact que peuvent avoir le stress et la santé mentale sur l’absentéisme, la productivité et les coûts d’assurance d’une entreprise. Un phénomène qui demande à être étudié en profondeur, alors que plusieurs statistiques alarmantes viennent d’être dévoilées dans une enquête publiée par le cabinet Morneau Shepell.

Les chiffres ont de quoi surprendre, voire inquiéter. Un travailleur sur trois affirme avoir ou avoir eu un problème de santé mentale, tel que la dépression ou un trouble d’anxiété. Ce à quoi s’ajoute le fait que 27 % disent ressentir des symptômes de stress élevé, et que 25 % des employés indiquent avoir connu un épisode de maladie découlant du stress au travail au cours des six derniers mois. Ces données marquent-elles la fin du principe de haute performance comme modèle de travail idéal?

Quand la tête ne suit plus

L’enquête livre d’autres résultats, tout aussi dramatiques.

• 58 % considèrent avoir ressenti du stress négatif au travail;

• 45 % ont pensé à quitter leur emploi pour cette raison;

• 31 % ont eu recours à des congés de maladie en rapport avec le degré de stress ressenti.

« Les employeurs commencent à comprendre que la maladie mentale n’est pas un enjeu qui ne préoccupe que quelques personnes, mais qu’il concerne l’entreprise dans son ensemble, dit Alan Torrie, président et chef de la direction de Morneau Shepell. Ces dernières années, de nombreuses entreprises ont fait d’énormes progrès, mais il reste beaucoup de travail à faire pour que tous les milieux de travail soient psychologiquement sains et pour donner aux gens le courage de chercher l’aide dont ils ont besoin. »

Une question de perception

Le rapport confirmerait un écart existant entre les perceptions des employés et des dirigeants en matière d’environnement de travail sain.

• 90 % des employés sont d’avis qu’une gestion adéquate de la santé mentale assure la productivité;

• 83 % ne perçoivent pas le stress comme négatif en soi, celui-ci pouvant être négatif ou positif, selon l’environnement de travail;

• 56 % des employés sondés estiment que leur entreprise bénéficie de mesures soutenant le mieux-être mental;

• 19 % des employés participants sont d’avis qu’une personne atteinte de maladie mentale « exerce un plein contrôle sur sa maladie », par rappport à 12 % chez les employeurs.

« En général, la perception des employeurs sur la façon dont ils gèrent la santé psychologique en milieu de travail est meilleure que celle de leurs employés, selon Paula Allen, vice-présidente, Recherche et Solutions intégratives. Le soutien assuré par l’employeur est critique quant à la façon dont les employés perçoivent le stress et ses répercussions sur eux; il a aussi une influence sur la productivité et, au final, sur la réussite de l’organisation. »

La peur d’être stigmatisé

La stigmatisation en milieu de travail serait l’un des facteurs qui empêcherait le dialogue entre employés et employeurs.

• 71 % des sondés craignent la réputation associée à la maladie mentale;

• 65 % citent l’autostigmatisation comme un problème;

• 53 % appréhendent la stigmatisation par leur médecin.

• 99 % des médecins ayant pris part à l’étude reconnaissent aux enjeux professionnels un rôle important dans les problèmes de santé mentale;

• 98 % d’entre eux sont d’avis que l’environnement de travail affecte la santé psychologique.

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