Malgré un certain engouement pour le télétravail, bien des entreprises ne donnent pas les outils et la flexibilité nécessaires à leurs employés pour qu’ils puissent éviter la congestion routière, croient des experts en ressources humaines contactés par le Journal de Montréal.

« C’est très étonnant, mais il y a toujours une résistance de la part de certains cadres lorsqu’on propose des façons de rendre le travail plus flexible pour les employés pour qu’ils passent moins de temps dans le trafic et plus de temps en famille », analyse ainsi Diane-Gabriel Tremblay, professeure en gestion des ressources humaines à la TÉLUQ.

Pourtant, une étude de l’Université de Montréal publiée en mai dernier concluait que les employés qui passent plus de 20 minutes au volant de leur voiture pour se rendre à leur lieu de travail sont plus à risque de souffrir d’épuisement professionnel. La situation est encore pire pour les travailleurs vivant dans de grands centres urbains et pour ceux dont le temps de trajet dépasse les 35 minutes. La durée moyenne du trajet des personnes ayant participé à l’étude était de 32 minutes.

Même si des modes de transport alternatif tels que le transport collectif et le vélo peuvent permettre de diminuer le stress lié aux déplacements, ce sont surtout les employés qui ont la possibilité de faire du télétravail ou d’arriver au bureau avant ou après l’heure de pointe qui se montrent généralement plus productifs.

SOLUTIONS MULTIPLES

Malgré tout, bien des gestionnaires seraient toujours réticents à implanter ce type de mesures. « Quelqu’un qui fait une heure ou une heure trente dans sa voiture n’arrive pas au bureau très disposé pour faire son travail. Certains gestionnaires refusent d’être plus flexibles sur les horaires, alors que ça rendrait clairement les employés plus contents au travail », poursuit Mme Tremblay.

Les entreprises qui ne sont pas prêtes à donner des horaires plus flexibles à leurs employés pourraient à tout le moins encourager leurs employés à troquer leur auto pour le transport collectif grâce à des incitatifs financiers.

« Les employés qui empruntent l’autobus et le métro arrivent au travail généralement plus calmes, car ils n’ont pas à se battre avec la congestion. Personne ne veut un employé qui est irrité en arrivant au bureau », explique Francine Sabourin, directrice à l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, citée dans l’article du Journal.

À défaut d’une option de transport collectif efficace, la mise sur pied d’un réseau de covoiturage entre les employés peut aussi être envisagée.