Stimuler l’entrepreneuriat au Québec, tel est l’objectif de la Caisse de dépôt et placement du Québec, du Mouvement Desjardins et de la Banque Nationale avec l’initiative « Devenir entrepreneur », lancée hier.

Déployés sur une période de trois ans, ses différents volets favoriseront la mise en place de meilleures conditions pour inciter les jeunes à se lancer en affaires. Les trois institutions financières seront épaulées par de nombreux entrepreneurs québécois dans la concrétisation du projet.

« Au Québec, les entrepreneurs qui créent les petites et moyennes entreprises emploient près de 60 % de la population active. L’entrepreneuriat est essentiel à notre croissance économique. Comment, dans ce contexte, favoriser la naissance de nouvelles entreprises? À notre avis, cela passe par une culture entrepreneuriale forte », a indiqué Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse.

La présidente et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Monique F. Leroux, s’est pour sa part inquiétée du fait que quelque 100 000 entreprises québécoises changeront de main au cours de la prochaine décennie, mais que seulement 19 % de la population a l’intention de se lancer en affaires. « Nous sommes donc à risque de perdre des fleurons et des emplois de qualité, notamment en région », a-t-elle affirmé.

« Une vague de transferts d’entreprises sans précédent s’amorce au Québec. Il faut s’assurer que la prochaine génération d’entrepreneurs soit prête pour prendre la relève. C’est notre culture de propriétaire qui en dépend », a ajouté Louis Vachon, président et chef de la direction de la Banque Nationale.

DES BESOINS CRIANTS

Malgré une certaine amélioration au cours des dernières années, le Québec accuse toujours un retard de près de 8 % par rapport au reste du Canada en matière de création de nouvelles entreprises. De plus, d’ici 2020, le Québec aura un manque à gagner de près de 38 000 entrepreneurs pour prendre la relève des entreprises déjà en activité, selon des données de la Fondation de l’entrepreneurship.

C’est pourquoi la campagne vise à resserrer l’écart important qui subsiste entre le nombre de Québécois qui ont l’intention de se lancer en affaires et ceux qui font réellement le grand saut.

La campagne intégrée se déclinera sur plusieurs canaux comme la télévision, les médias sociaux et une plateforme numérique. Elle met en lumière des entrepreneurs qui racontent le moment charnière, le grand déclic, où ils sont passés à l’action et ont lancé leur entreprise.

Le site devenirentrepreneur.com offrira également la possibilité aux Québécois intéressés par l’entrepreneuriat de clavarder avec des entrepreneurs bien établis. Pour stimuler l’esprit entrepreneurial dès le plus jeune âge, le site web donne aussi accès une boîte à outils destinée aux enseignants des niveaux primaire et secondaire.

D’autres volets de la campagne « Devenir entrepreneur » seront dévoilés au cours des prochains mois.