La qualité de l’emploi canadien serait au plus bas, alors que les emplois mal rémunérés et à temps partiel continuent leurs progressions respectives. Tel est le constat que dresse L’indice de qualité de l’emploi au Canada de la Banque CIBC, principalement basé sur la répartition temps plein et temps partiel, le rapport entre salariés et travailleurs autonomes et le taux de rémunération à temps plein de 100 secteurs d’activité. Alarmiste ou alarmant?

Pour contextualiser les faits et chiffres présentés, il faut savoir que l’indice CIBC perçoit le travail autonome comme étant de moindre qualité, sur la base d’une rémunération, en moyenne, moins élevée. Le fait que, sur dix ans, les salaires très rémunérateurs ont connu une hausse deux fois supérieure aux salaires peu rémunérateurs doit aussi être considéré.

On peut lire les conclusions générales suivantes :

  • le nombre d’emplois à temps partiel dépasse celui des emplois à temps plein depuis les 30 dernières années;
  • en 2014, le nombre d’emplois à temps plein a toutefois crû deux fois plus rapidement que le partiel;
  • le bassin de travailleurs autonomes continue sa progression constante depuis 1990, celui-ci ayant même connu une hausse quatre fois supérieure au nombre de salariés en 2014.

D’autres statistiques, plus ciblées, viennent étayer le constat de recul généralisé de l’emploi canadien :

  • En matière de création d’emploi, l’année 2014 enregistre une croissance deux fois supérieure de l’emploi mal rémunéré;
  • En 2014, la qualité de l’emploi a diminué de 3 % en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba, et de 4 % en Ontario, contrairement l’amélioration notée en Colombie-Britannique, dans les provinces de l’Atlantique et au Québec.

« En fait, la lente progression des emplois très bien rémunérés pourrait être le résultat d’un déséquilibre grandissant sur le marché du travail », relativise Benjamin Tal, économiste en chef adjoint et créateur de l’indice de qualité de l’emploi de la Banque CIBC. « Et le signal que nous recevons du mécanisme de fixation des salaires confirme cette observation. Au cours de la dernière décennie, les salaires des secteurs très rémunérateurs ont augmenté presque deux fois plus vite que les salaires des secteurs peu rémunérateurs. »

M. Tal note également que la classe d’emploi enregistrant la plus forte hausse est aussi celle ayant « le plus faible pouvoir de négociation », avec pour résultat une dynamique revue à la baisse entre le rendement du marché du travail et la hausse globale des salaires.

Variation de l’indice de qualité de l’emploi selon la province
T4-2013 vs T4-2014
ProvinceVariation (%)
Colombie-Britannique6,59 %
Canada atlantique2,75 %
Québec1,99 %
Alberta(3,02) %
Manitoba / Saskatchewan(3,17) %
Ontario(4,01) %

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