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Avec des taux hypothécaires au plus bas et un taux de qualification à 4,79 %, plusieurs se demandent à quel jeu joue le patron de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), dont Stéphanie Grammond dans les pages de La Presse.

Les changements dans les facteurs du marché immobilier ont permis à plus de ménages d’acheter des propriétés qui auraient été jugées « hors de leur portée » avant la pandémie. Mais le président de la SCHL, Evan Siddall, veut les empêcher d’y avoir accès, soutenant que les prix des logements baisseront une fois les programmes d’aide gouvernementaux interrompus.

« Il ne fait aucun doute que nous avons volontairement choisi de renoncer à certaines activités rentables que nos concurrents trouveraient attrayantes », a écrit Siddall, ajoutant que la SCHL « s’approche d’un niveau de part de marché minimale » nécessaire pour être en mesure de protéger le marché en période de crise.

Il a fait cette déclaration dans une lettre dans laquelle il demande aux prêteurs de ne pas souscrire d’assurances de fournisseurs privés, et d’éviter des hypothèques à haut risque.

« Si nous préférons que nos concurrents suivent notre exemple pour le bien de notre économie, ils restent néanmoins libres de proposer une assurance à ceux pour qui nous ne le ferions pas », a-t-il écrit.

Evan Siddall a d’ailleurs resserré les conditions d’emprunt pour les acheteurs à partir du 1er juillet 2020. La cote de crédit nécessaire sera désormais de 680 plutôt que 600, et la mise de fonds obligatoire de 5 % ne pourra plus provenir d’autres emprunts.

En prenant ces décisions, la SCHL se coupe d’une grande part de sa clientèle, non seulement les plus à risque mais aussi les clients solvables.

« Les assureurs privés ne se contenteront pas d’accepter les clients à risque que la SCHL repousse. Pour que le risque global de leur portefeuille reste acceptable, ils demanderont aux prêteurs de leur acheminer davantage de clients plus solides financièrement, note La Presse. Avec ses nouveaux critères, la SCHL perdra donc sur les deux fronts et minera sa capacité d’intervention. Si on avait voulu assainir le marché hypothécaire, ç’aurait été au gouvernement d’imposer de nouvelles règles à tout le monde. »