L’incertitude politique et les inquiétudes quant à l’économie se font actuellement beaucoup sentir sur les marchés. Cela peut mener les investisseurs à se laisser guider par leurs émotions et à agir de façon inconsidérée en matière d’investissement. Trois mauvais plis, influencés par la conjoncture actuelle des marchés, ressortent.

Il est difficile de passer outre ses émotions, mais les écouter a souvent des répercussions négatives sur la capacité d’atteindre ses objectifs individuels, note Martin Pelletier, CFA, gestionnaire de portefeuille et BACI à TriVest Wealth Counsel, dans un article du Financial Post. Selon lui, la conjoncture actuelle pousse les investisseurs à adopter trois tactiques qui sont particulièrement néfastes pour leur plan financier.

1) TROP DE LIQUIDITÉS ET TROP PEU D’OBLIGATIONS

Les taux d’intérêt et les rendements obligataires sont si bas que les investisseurs évitent les titres à revenu fixe. Même si cela est compréhensible en raison de la situation économique actuelle, cela revient à ne pas prendre en compte le comportement de ces titres dans un portefeuille diversifié. Il est important de posséder ce genre de titres, en prévision des périodes de fortes corrections, étant donné leur corrélation négative avec les actions.

D’autres décident d’encaisser de l’argent, en prévision des marchés baissiers, pour réinvestir quand le marché est au plus bas afin de profiter de la future hausse. Il est cependant très dangereux d’agir ainsi, car il est impossible de prévoir exactement quand les marchés vont reprendre. Et une étude de Putnam Investments a montré que les investisseurs qui n’ont raté que les dix meilleurs jours de l’indice S&P 500 sur une période de 15 ans jusqu’en 2017 ont fini par perdre la moitié de leur rendement.

2) LES RENDEMENTS À TOUT PRIX

Les faibles taux d’intérêt incitent les investisseurs à se lancer dans des produits qu’ils ne connaissent pas. Les investisseurs intègrent des niveaux de risque beaucoup plus élevés dans leurs portefeuilles en renonçant à des liquidités en échange d’un rendement plus important. Ainsi, le marché de la dette privée et le marché hypothécaire ont la cote en ce moment, alors qu’il s’agit de produits risqués qui peuvent être très volatils, qui ne correspondent donc pas forcément au profil de risque de tous les investisseurs.

3) MISER TROP SUR LE CANADA

Les investisseurs aiment avoir de nombreux produits de leur pays dans leur portefeuille. Cependant, l’indice principal du Canada, le TSX, n’est pas l’indice le plus diversifié ni celui qui a le meilleur rendement à long terme.

Ainsi, les dix principales actions du TSX représentent près de 40 % de l’indice, comparativement à 20 % aux États-Unis. De plus, au 5 septembre 2019, l’indice composé S&P/TSX a augmenté de 1,26 % par année au cours des cinq dernières années comparativement à l’indice S&P 500, qui a augmenté de 8,28 % par année, selon les chiffres rapportés par Martin Pelletier.

La meilleure façon d’éviter ces pièges est de se concentrer sur ses objectifs à long terme et de commencer par évaluer le taux de rendement requis pour atteindre vos objectifs. L’important serait donc, au final, de faire en sorte de construire un portefeuille bien diversifié.