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Depuis qu’il a lancé sa firme 5i Research en 2012, Peter Hodson soutient que son équipe a répondu à environ 100 000 questions d’investisseurs inquiets du dernier tweet de Donald Trump, de la guerre commerciale ou encore de mauvais résultats trimestriels de certaines entreprises.

Dans le Financial Post, Peter Hodson affirme que dans bien des cas, les investisseurs s’inquiètent trop de ce genre d’événements et oublient de regarder l’ensemble de la situation. Voici cinq exemples d’événements qui, selon lui, ne devraient pas faire paniquer les investisseurs.

1. DES ACTIONS À LA BAISSE

Même dans un portefeuille axé sur la croissance qui performe globalement bien, il y aura toujours certaines actions perdantes. Les investisseurs ont tendance à leur accorder énormément d’importance, mais ce qui compte, c’est le rendement total du portefeuille. Très souvent, l’influence de quelques actions qui ont connu un très fort rendement efface complètement l’effet des actions moins performantes. 

Accorder trop d’attention aux actions individuelles empêche d’avoir une approche axée sur le portefeuille. Si un investisseur n’a aucune position perdante, c’est probablement qu’il ne prend pas assez de risque et qu’il touche donc des rendements faméliques. 

2. LA PROCHAINE GRANDE TENDANCE

À mesure que les taux d’intérêt baissent, il semble que tous les investisseurs soient tentés de se lancer sur les actions aurifères. Il y a deux ans, les mêmes se précipitaient sur les actions du secteur du cannabis. Le mois prochain, il y aura certainement une autre mode. Selon Peter Hodson, il vaut mieux faire fi de ces tendances et rester bien diversifié en tout temps. 

3. LES RAPPORTS TRIMESTRIELS

Les investisseurs s’inquiètent souvent lorsque des entreprises dans lesquelles ils ont placé leurs billes ratent leurs cibles trimestrielles. Pourtant, regarder les rapports trimestriels signifie que l’on accorde une énorme attention à une fenêtre de 90 jours, alors que notre horizon d’investissement est probablement de dix ans ou plus. Certains des titres les plus performants de la firme de Peter Hodson, comme Constellation Software Inc, ne battent à peu près jamais les cibles de revenus des analystes. Ce n’est vraiment pas une raison de les laisser tomber. 

4. SORTIR DU MARCHÉ AU BON MOMENT

Avec l’inversion des courbes de rendement des obligations et le spectre d’une récession, plusieurs investisseurs croient qu’il est temps de sortir du marché et de prendre des liquidités afin de protéger leur portefeuille. Peter Hodson rappelle que les récessions reviennent de façon cyclique, ce qui n’empêche pas le marché de grimper à long terme. Les investisseurs qui n’ont pas paniqué pendant la crise de 2008, laquelle était pourtant très marquée, s’en sont très bien tirés. 

Se tourner vers les liquidités signifie que l’on risque de payer des impôts et que l’on peut aussi rater de forts gains lors de la reprise. Il y a en effet peu de chances que l’investisseur revienne dans le marché exactement au bon moment. 

5. LES ACTIONS NE RÉAGISSENT PAS SELON NOS ATTENTES

Certains investisseurs prennent la décision d’investir dans un secteur, d’y rester ou d’en sortir parce qu’ils croient que les actions de ce secteur « sont dues » pour monter ou descendre. Pourtant, que les actions d’un secteur aient subi une correction ou qu’elles soient à un bas niveau depuis longtemps ne signifie en rien qu’elles vont remonter. Peter Hodson donne l’exemple de Shopify, dont les actions étaient déjà jugées surévaluées lorsqu’elles ont atteint le prix de 80 $ US (106,4 $ CA). Cette action vaut aujourd’hui 525 $ US (698 $ US). 

Le fait qu’une action grimpe beaucoup ne signifie pas automatiquement qu’elle redescendra. À l’inverse, une action qui perd la moitié de sa valeur a plus de chances de perdre un autre 50 % que de revenir à son prix initial.

Il faut se garder de ce genre de raisonnement, qui peut faire dérailler la meilleure stratégie d’investissement. On en revient toujours au même conseil : restez calme et gardez le cap!