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Les performances récentes d’un gestionnaire ou d’un fonds ne devraient pas dicter les décisions d’investissement futures car les performances passées ne représentent pas les résultats à venir. Cet avertissement, quoique connu dans l’industrie, est rarement pris en compte. Au contraire, les bons rendements récents attirent les investisseurs. Ils sont davantage considérés que d’autres facteurs plus importants, comme la qualité de l’entreprise ou l’approche d’investissement.

« Vos chances de succès à long terme augmentent considérablement si vous avez d’autres bonnes raisons d’investir », affirme Tom Bradley, président de Steadyhand Investment Fund, une société qui propose des fonds de placement à bas frais ainsi que des conseils d’investissements, dans un article du Financial Post.

S’il avoue que les rendements exceptionnels sont difficiles à ignorer, Tom Bradley estime que d’autres facteurs sont bien plus importants à prendre en compte. Ainsi, son partenaire, Salman Ahmed et lui-même, surveillent les gestionnaires de fonds à partir d’une grille d’analyse qui prend en compte d’autres critères que la performance récente des gestionnaires.

Leur analyse prend en compte sept facteurs :

  • Qui est le gestionnaire?
  • L’entreprise pour laquelle il travaille
  • Sa philosophie de placement
  • Son processus
  • Son prix
  • Sa performance à long terme et non la performance récente
  • Sa passion : il préfère engager des gestionnaires passionnés qui lisent beaucoup et s’informent plutôt que ceux qui sont vantés dans les médias.

Tom Bradley rappelle que les gestionnaires d’actif traversent des cycles similaires à ceux du marché boursier. Une bonne performance sur dix ans implique des années d’excellents rendements, mais également des années plus creuses. Ainsi, une bonne année peut être suivie d’une année avec des résultats plus mitigés. C’est pour cela que lui-même s’intéresse davantage à la performance à long terme qu’à la performance récente des gestionnaires et prend également en compte d’autres facteurs.

« [Mon approche] est un meilleur prédicteur des résultats futurs, bien qu’elle ne soit pas infaillible », affirme-t-il.

LA PERFORMANCE TENUE EN TROP HAUTE ESTIME

Les investisseurs institutionnels utiliseraient des critères analogues aux siens, bien qu’ils portent une attention plus marquée envers les performances récentes. Ainsi, les gestionnaires qui sont en pleine période de ralentissement dans leur cycle de performance ne se font presque jamais embaucher.

Cette question de performance prend également une grande place dans les licenciements. La décision de se départir d’un employé repose presque essentiellement sur les performances récentes, parfois sur une durée aussi courte que cinq ans, selon Tom Bradley. Mais ce laps de temps est-il suffisant?

Selon le président de Steadyhand Investment Fund, cela dépend. Une période de sécheresse en matière de performance peut sembler éternelle. Selon lui, le plus important est la performance du gestionnaire ou du fonds sur un cycle complet, c’est-à-dire une période qui prend en compte les hausses et les baisses du marché.

DIFFICILE D’ÉVALUER UN GESTIONNAIRE ACTUELLEMENT

La période actuelle ne permet pas d’évaluer correctement un gestionnaire, selon Tom Bradley. Nous sommes actuellement dans un marché haussier depuis une dizaine d’années où l’ont peut noter certains éléments persistants.

Pendant cette décennie, les taux d’intérêt ont été particulièrement bas, les marchés de la dette ont été forts, les actions de croissance ont eu une longue période de rendement supérieure à celle des actions de valeur… Il est donc difficile d’évaluer le comportement des gestionnaires ou d’un fonds en période de baisse.

Selon lui, cela ne veut pas dire que ce n’est pas le bon moment pour décider de faire affaire avec un gestionnaire de fonds, mais simplement qu’il faut reposer son choix sur d’autres critères que celui du rendement.