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Difficile de ne pas être démoralisé devant les catastrophes naturelles dues aux changements climatiques. Mais même si les défis sont grands, ne baissez pas les bras. Au contraire, participez à la transition à faible émission en carbone et encouragez vos clients à se lancer dans l’investissement responsable.

Rosalie Vendette, conseillère principale en investissement socialement responsable (ISR) chez Desjardins, estime qu’il faut être optimiste et que la finance peut avoir un impact positif sur l’environnement. Ainsi, elle voit d’un bon œil la progression de l’investissement responsable.

« Peut-être que les changements ne sont pas si apparents que cela, mais il y a un énorme mouvement du côté des investisseurs institutionnels », déclare-t-elle.

Comme preuve, Rosalie Vendette évoque le réseau des signataires des Principes pour l’IR (PRI) qui ne cesse de grandir. À l’échelle planétaire, l’investissement responsable occupe plus de 50 % des actifs sous gestion des investisseurs institutionnels.

Les chiffres sont également positifs au Canada. Selon les rapports de l’Association canadienne de l’investissement responsable, l’IR en 2018 représentait 50,6 % de l’industrie canadienne de l’investissement, une hausse de près de 13 points de pourcentage par rapport à 2016.

« L’investissement d’impact se développe rapidement à bien des endroits. C’est sur toutes les lèvres. En termes d’actifs sous gestion et de taille, ce n’est pas nécessairement aussi gros que les investissements traditionnels, mais il faut bien commencer quelque part », affirme Rosalie Vendette.

Elle rappelle que la transition vers une économie à faible émission de carbone demande de nombreux changements. Parmi ceux-ci, on retrouve évidemment la mise en place d’énergies renouvelables et de technologies propres, mais il va également falloir construire de nombreuses infrastructures. Ainsi, pour passer de l’auto en solitaire au transport collectif, il faut prévoir toute une infrastructure.

« Ces changements-là, la finance les soutiendra de diverses manières. Les changements climatiques c’est un phénomène que l’on va vivre à très long terme, c’est pour cela que j’inviterai à la patience », recommande la conseillère.

SENSIBILISER SES CLIENTS

Les gens veulent intégrer les critères ESG dans plusieurs sphères de leur vie, mais souvent ils oublient qu’ils peuvent le faire dans leurs placements, souligne Rosalie Vendette. Le rôle du conseiller est de montrer au client que des solutions existent. Celles-ci sont nombreuses parce qu’il n’y a pas encore de consensus sur la définition d’« investissement d’impact » aussi appelé investissement à retombées sociales. Est-ce qu’on élabore une stratégie de placement parce qu’on veut produire des retombées positives précises, ou est-ce qu’on crée une stratégie qui aura des retombées au passage, sans que cela ne soit l’unique objectif recherché?

Selon Rosalie Vendette, ces précisions viendront avec le temps. L’important pour le moment c’est de se joindre au mouvement. Des stratégies de placement et des produits existent déjà et commencent à démontrer leurs effets.

Pour se lancer dans ces produits, les conseillers doivent investir un peu plus de temps, concède la conseillère de Desjardins, mais les institutions financières les aident à se familiariser avec les produits. La plupart offrent régulièrement des présentations et des formations sur ces produits.

Au Canada, les conseillers peuvent également se tourner vers l’Association canadienne pour l’investissement responsable, qui offre des formations en ligne donnant des unités de formation continue.

QUELQUES EXEMPLES DE PRODUITS

Desjardins offre maintenant plus d’une vingtaine de produits d’IR. Ainsi, les produits qui portent la mention SociéTerre ou PrioriTerre ont une approche d’IR tout comme leurs FNB qui portent le nom d’investissement responsable ou l’acronyme IR.

Ces 22 produits prennent en considération les facteurs ESG de différentes manières et à différents niveaux. Parmi ceux-ci, on en trouve qui visent la faible intensité en carbone ou des produits plus spécialisés qui vont aller cibler davantage des solutions à la transition.

La plupart de ces titres sont disponibles pour les investisseurs institutionnels, mais trois d’entre eux sont vraiment destinés aux investisseurs :

  • Le Fonds Desjardins SociéTerre obligation environnementale;
  • Le Fonds Desjardins SociéTerre technologie propre;
  • Le Fonds Desjardins SociéTerre action positive, qui a été créé en s’inspirant des objectifs de développement durable des Nations Unies.

« Il existe des solutions précises, mais comme les changements climatiques touchent plusieurs secteurs, c’est bien d’avoir des approches plus générales. Je pense que c’est comme ça qu’on va arriver à relever les défis des changements climatiques », affirme Rosalie Vendette.

Ces produits ont des retombées positives pour l’environnement, mais aussi pour l’investisseur car le rendement n’est pas mis de côté.

Les produits d’épargne ayant une approche d’investissement responsable des Fonds Desjardins ont atteint collectivement 2,8 G$ d’actifs sous gestion au 30 novembre 2018.

Cela correspond à 8 % des actifs sous gestion des membres et clients Desjardins ou encore 22 % des membres et clients Desjardins.

Si ces produits sont encore petits en matière d’actifs, ils prennent de plus en plus d’ampleur et offrent un autre moyen d’intégrer les facteurs ESG à son quotidien.