Rhinocéros
Photo : Etienne Outram / 123RF

La société londonienne Conservation Capital compte offrir, dès 2020, des obligations pour sauver les rhinocéros de l’extinction. La société propose un mécanisme de rémunération basé sur la performance : si la population de rhinocéros s’accroît dans les cinq parcs sélectionnés, les investisseurs seront récompensés.

Le rhinocéros est en voie d’extinction en raison du braconnage et de la réduction de son habitat. Certains estiment que cet animal pourrait avoir disparu d’ici les dix prochaines années, en particulier le rhinocéros noir. Ces 50 dernières années, sa population s’est spectaculairement réduite, passant de 65 000 individus à 5 500, révèle le journal Le Monde.

Afin d’inverser la tendance, Conservation Capital, une société londonienne qui développe de nouveaux mécanismes de financement des entreprises et des investissements connexes pour la conservation de l’environnement, veut lancer dès 2020 des obligations pour réunir des fonds à long terme. Les gens qui décideront d’investir dans ces produits seront rémunérés à condition que la population de rhinocéros s’accroisse dans les parcs sélectionnés par la société.

« En réaction à la crise du braconnage, beaucoup d’argent a afflué ces cinq à dix dernières années pour la protection des rhinocéros. C’est fantastique, mais il s’agit d’argent à court terme. Ce que nous proposons, c’est donc du financement à long terme, sur cinq ans, et un mécanisme basé sur la performance », explique Kathleen Fitzgerald, représentante de Conservation Capital à Nairobi.

CINQ PARCS SÉLECTIONNÉS

Pour structurer ce produit financier, Conservation Capital et son partenaire, la Zoological Society of London, ont sélectionné cinq parcs naturels du Kenya et d’Afrique du Sud parmi 130 candidats potentiels. Ces parcs ont été retenus en raison de leur importante population de rhinocéros noirs et de leur capacité à atteindre les objectifs fixés.

Ces cinq parcs regroupent à eux seuls près de 700 spécimens de cette espèce, soit 12 % de la population mondiale. Faire grossir ce chiffre représente toutefois un défi, car certains parcs ont du mal à dépasser le 1 % de croissance de rhinocéros par an, rapporte Le Monde.

« Chaque parc a ses problèmes : certains ont besoin de plus de rangers pour mieux protéger les terrains, d’autres doivent étendre leur habitat disponible, car les naissances ralentissent au-delà d’une certaine densité », déclare Kathleen Fitzgerald, qui compte bien s’attaquer à ces problèmes avec les fonds récoltés auprès des investisseurs.