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L’intérêt croissant des investisseurs pour les FNB pousse de plus en plus de conseillers à remettre en question leur fidélité aux traditionnels fonds communs de placement. Mais si les FNB ont réussi à se tailler une place non négligeable dans les portefeuilles gérés par les conseillers en placement, leur adoption est beaucoup plus lente chez les représentants en épargne collective.

Dans le marché de détail, 59,2 % des FNB détenus par les investisseurs sont distribués par des courtiers de plein exercice, selon une note de Strategic Insight publiée par l’Association canadienne des FNB, en avril dernier. Ils sont suivis par les courtiers à escompte, qui représentent 33,7 % du marché de la distribution des FNB au pays.

Contrairement aux fonds communs de placement, la très grande majorité des FNB ne versent pas de commissions, ce qui a freiné leur adoption chez les conseillers. Mais alors que l’actif détenu dans des comptes à honoraires ne cesse d’augmenter, le portrait est en train de changer.

Selon un sondage de la firme torontoise Evolve Funds Group réalisé en juillet dernier, 50 % des conseillers en services financiers canadiens prévoient augmenter leur utilisation des FNB au cours des deux prochaines années. Cela représente une hausse de 32 G$ de l’actif investi dans ce type de produit.

Qu’est-ce qui attire tant les conseillers dans le monde des FNB? Le désir « d’améliorer et de diversifier leurs portefeuilles » en premier lieu, et le désir « d’accroître le rendement ou de générer plus de revenus » en second lieu, selon une récente étude de FTSE Russell. La transparence et les faibles frais de gestion figurent également parmi les principaux facteurs qui contribuent à rendre les FNB particulièrement attrayants aux yeux des conseillers.

ACCÈS LIMITÉ AUX FNB

Comme on peut le constater, la vaste majorité des ventes de FNB dans le marché de détail sont réalisées par les courtiers de plein exercice. Du côté de l’épargne collective, l’intégration de FNB aux portefeuilles des clients demeure très marginale.

C’est qu’à ce jour, peu de firmes ont implanté des plateformes technologiques qui permettent à leurs représentants de négocier des FNB. Des solutions commencent toutefois à émerger, notamment du côté de B2B Services financiers et B2B Services aux intermédiaires, deux filiales de la Banque Laurentienne spécialisées dans les services offerts aux cabinets de services financiers, et de Banque Nationale Réseau Indépendant, un fournisseur de plateformes de négociation, comme le rapportait Finance et investissement au printemps dernier.

En 2016, Peak avait également annoncé qu’elle permettait dorénavant à ses représentants en épargne collective de négocier des FNB par l’intermédiaire de sa plateforme de courtage de plein exercice.

Outre l’accès limité aux plateformes, les faibles ventes de FNB dans le secteur de l’épargne collective peuvent aussi s’expliquer par un manque d’éducation. Habitués aux fonctionnement des fonds communs de placement, les conseillers ont parfois un peu de difficulté à bien comprendre le fonctionnement des FNB, et à l’expliquer à leurs clients.

« Au sujet de la liquidité, par exemple, les conseillers vont devoir s’assurer d’expliquer la différence entre la liquidité du FNB en tant que telle et la liquidité des titres qu’il contient », avait souligné Christopher Doll, vice-président, vente et stratégie, FNB à Invesco Canada lors de la conférence Inside ETFs Canada en juin dernier.

Dans le cadre du même événement, Florence Narine, vice-présidente principale et chef des produits à Investissements AGF, avait toutefois insisté sur le fait « qu’il y a de la place dans le marché pour les représentants en épargne collective ».

DES FNB DANS DES FONDS COMMUNS

Bien que les ventes directes de FNB par les représentants en épargne collective demeurent faibles, ceux-ci ont réussi à se frayer un chemin jusqu’aux petits épargnants… grâce aux fonds communs de placement.

Les manufacturiers ont en effet commencé à lancer des solutions de FNB enchâssées dans des structures de fonds communs. Les FCP constitués de FNB comportent de nombreux avantages, notamment le fait d’avoir accès aux stratégies de placement diversifiées et à bas coût des FNB, tout en conservant les commissions versées par les fonds communs.

En fait, il y aurait beaucoup plus de complémentarité que de concurrence entre les FNB et les FCP, a soutenu à La Presse Paul C. Bourque, président de l’Institut des fonds d’investissement du Canada (IFIC).

Annamaria Testani, vice-présidente, Banque Nationale Investissements va encore plus loin. En entrevue à La Presse, elle s’est dite convaincue que « c’est en jumelant fonds communs et FNB que l’on atteint une meilleure efficacité dans la gestion du portefeuille ».