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L’avalanche d’informations déversée par les médias traditionnels et les réseaux sociaux rend plus difficile qu’auparavant d’investir à long terme, estime Tom Bradley.

Dans une chronique publiée par le Financial Post, le président de Steadyhand Investment Funds, une société spécialisée dans l’offre de fonds à faibles frais, affirme que « cela nous oblige à raccourcir notre horizon temporel et à perdre de vue le concept de rendements à long terme ».

Or, insiste-t-il, « plus votre horizon temporel est court, plus vous spéculez et moins vous investissez ».

Se faisant l’avocat du diable, le dirigeant s’interroge : pourquoi ne pas rester concentré sur le présent? D’ailleurs, le long terme n’est-il pas une série de courts termes? Et si nous obtenons de bons résultats à répétition sur de courtes périodes, la situation à long terme ne se réglera-t-elle pas toute seule?

AVOIR UN OBJECTIF D’ÉPARGNE CLAIR

Malheureusement, répond-il, cette façon de voir les choses n’est pas adaptée au mode de fonctionnement des marchés.

« Il est beaucoup plus difficile de prévoir l’évolution des prix que d’évaluer la valeur d’un investissement à long terme. Aucune analyse ne peut prévoir de manière fiable comment une action ou un marché se comportera dans la semaine, le mois ou même l’année à venir. »

Pour commencer, explique Tom Bradley, il convient d’être clair sur l’objectif d’épargne recherché et d’établir un calendrier réaliste pour l’atteindre. Cette première étape contribuera grandement à déterminer à quoi ressemblera votre portefeuille et le niveau de risque que vous êtes prêt à assumer.

Dans le cas d’un horizon à long terme, comme la retraite, l’orientation de ce portefeuille n’est toutefois pas un problème puisque, en général, le temps garantit qu’il prendra de la valeur, estime le dirigeant.

Celui-ci conseille aux investisseurs de mesurer les progrès accomplis par rapport à leur objectif final. « Nous sommes tous curieux de savoir ce qu’il s’est passé au cours du dernier trimestre. Mais cette donnée n’est pertinente que lorsqu’on la replace dans un contexte à long terme », insiste Tom Bradley.

INVESTIR, UNE ENTREPRISE SOLITAIRE

Pour éviter de paniquer en cas de difficultés, le patron de Steadyhand Investment Funds recommande également d’avoir « des attentes réalistes », tant en matière de rendements futurs des placements sélectionnés que de leur volatilité.

En effet, « il ne s’agit pas de savoir « si » le marché baissera, mais « quand » ». Selon lui, le fait d’avoir des attentes appropriées permet d’être mieux préparé pour affronter le moment où les marchés chuteront réellement.

Tom Bradley suggère par ailleurs aux investisseurs d’« intégrer leurs passions et leurs intuitions » dans leur portefeuille. « Si vous voulez posséder un stock de cannabis ou de l’or, ces produits devraient venir compléter vos autres avoirs », explique-t-il.

Enfin, le dirigeant préconise de « supprimer le bruit et l’émotion du processus d’épargne en développant une routine ». Par exemple, en investissant « de manière aussi automatique que possible », notamment par l’entremise de cotisations préautorisées dans un compte d’épargne libre d’impôt ou un régime enregistré d’épargne-retraite, qui sont « une excellente façon de mettre un portefeuille en mode autodirigé ».

Sa conclusion? « Investir avec succès est une entreprise solitaire. »