Lingots d'or dans une pesée
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« Le contexte actuel est propice à prendre des positions dans les métaux précieux, particulièrement dans l’or », affirme André Dubuc, journaliste économique qui vient de cosigner le livre Investir dans l’or avec François Riverin, un ancien journaliste et expert du monde minier.

L’or, qui a toujours été une valeur refuge, serait, selon eux, « une assurance patrimoine ».

L’idée d’écrire ce livre leur est venue au début du confinement. « Le gouvernement imprimait alors de l’argent ce qui a eu pour effet de mettre de l’argent dans les poches des Canadiens et de maintenir les taux d’intérêt à un niveau bas. À terme, c’était une bonne solution, mais on trouvait que c’était aussi une façon de pelleter par avant. Le nouvel argent pourrait éventuellement créer de l’inflation », explique André Dubuc.

DIVERSIFIER SES AVOIRS

Alors que le prix des actions et des obligations est au plafond, les auteurs sont d’avis que diversifier ses avoirs dans un actif réel comme l’or « équivaut à l’achat d’une police d’assurance contre l’érosion de son patrimoine advenant une perte de pouvoir d’achat prononcée du billet vert et du huard au cours des prochaines années », peut-on lire dans leur ouvrage.

Même à plus 2 000 $ l’once (en date du 28 juin), il est toujours temps d’acheter de l’or, soutiennent-ils. « Notre hypothèse, c’est que le prix va augmenter au cours des prochains mois », affirme André Dubuc. Il pourrait se vendre à plus de 2 600 $ l’once, soit une appréciation de 34 % par rapport à son sommet d’août 2020 (2067 $US).

Le métal précieux a ses adeptes, mais aussi ses détracteurs. Certains le trouvent trop spéculatif. Sur les marchés boursiers, le prix de certaines actions peut aussi s’emballer pour redescendre presque aussi vite, comme on l’a vu à l’été 2020 avec Tesla, rappellent les auteurs.

Plusieurs facteurs peuvent influencer le prix de l’or. Par exemple, « si le prix du baril de pétrole augmente, le coût d’exploitation des compagnies aurifères va augmenter par le fait même. Cela vient ajouter de la volatilité au cours de l’or », explique André Dubuc.

Pour commencer, il recommande donc d’investir un petit pourcentage (2 % à 3 %) de son portefeuille dans l’or pour minimiser les risques.

COMMENT S’EN PROCURER

On peut acheter des pièces ou des lingots d’or et d’argent auprès de grandes banques ou directement sur la boutique en ligne de la Monnaie royale canadienne. Pour ceux qui ne veulent pas se soucier de l’entreposer (il faut que ce soit fait de façon sécuritaire, après tout), il est aussi possible d’acheter un certificat ou un reçu de transaction boursière (RTB) pour obtenir un titre de propriété.

« Pour vraiment s’enrichir avec l’or, il faut acheter des titres miniers », affirme André Dubuc.

Il reste que c’est une industrie risquée qui, selon la conjoncture, peut ouvrir la porte à « des gains spectaculaires » ou au contraire « des pertes dramatiques ».

« Les sociétés de redevances aurifères comme Franco-Nevada sont moins soumises au risque et conviennent bien aux investisseurs généralistes, explique M. Dubuc. Il vaut mieux éviter les sociétés minières juniors à moins de très bien s’y connaître ou de faire affaire avec un conseiller qui s’y connaît. »

Dans leur livre, les auteurs abordent les autres métaux précieux, dont l’argent, mais sans trop s’étendre. « On pourrait en dire plus dans une éventuelle prochaine édition, précise André Dubuc. L’argent offre des perspectives intéressantes. Il entre dans la fabrication de nombreux produits, ce qui assure un niveau plancher. »

André Dubuc et François Riverin alimentent également un blogue où les investisseurs intéressés peuvent en apprendre davantage et suivre l’évolution de portefeuilles fictifs. « Celui de François est plus risqué alors que le mien est plus prudent. »