Investisseurs discutant dans un bureau.
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Après avoir vécu des années de politiques monétaires accommodantes, les investisseurs doivent maintenant composer avec un environnement de taux haussiers. Est-ce le moment de réviser son portefeuille de titres à revenu fixe?

Bien qu’il entrevoie un rebond des marchés boursiers au cours du premier trimestre de l’année, Martin Lefebvre, chef des placements et stratège à la Banque Nationale, est d’avis que l’environnement de hausse de taux actuel est une bonne occasion d’augmenter la répartition en titres à revenu fixe dans les portefeuilles.

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Plus encore, il estime que le resserrement des politiques monétaires au Canada et aux États-Unis va favoriser les traditionnelles obligations gouvernementales, au détriment des titres plus risqués comme les obligations de société ou à rendement élevé.

« D’un point de vue tactique, les obligations de société vont mieux faire à court terme, un peu à l’image des actions. Par contre, à plus long terme, si on arrive à des taux d’environ 3 %, ça ne vaudra plus nécessairement la peine d’investir dans les obligations plus risquées. Il vaudra mieux prendre ses précautions et retourner vers les obligations gouvernementales de façon à mieux protéger le capital », explique-t-il.

Chez les investisseurs institutionnels, on assiste à une ruée vers la dette privée depuis quelques années. Mais pour les petits épargnants, il ne s’agit probablement pas de la meilleure solution, juge Martin Lefebvre. « La dette privée est moins intéressante en fin de cycle. Il s’agit aussi d’une catégorie d’actif illiquide qui s’adresse aux investisseurs patients et aguerris. »

SORTIR DU PAYS OU PAS?

Les investisseurs en quête de meilleurs rendements obligataires peuvent obtenir des taux plus élevés en sortant du pays. Mais le jeu en vaut-il la chandelle? « Il faut faire attention aux fluctuations du taux de change, prévient Martin Lefebvre. En 2018, le dollar canadien a perdu 9 % par rapport au dollar américain, ce qui a bénéficié aux investisseurs canadiens. Mais la situation inverse pourrait tout aussi bien se produire. On peut toujours couvrir le risque de change, mais cela a un coût. Au bout du compte, on n’est pas forcément gagnant. »

Alors que la Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine ont ralenti le rythme en matière de resserrement de leur politique monétaire, Martin Lefebvre ne s’attend pas à ce que les taux augmentent encore de façon importante. « Les taux des obligations à court terme devraient croître un peu plus tard cette année, mais les taux à long terme sont déjà pas mal là où on les entrevoit. »