Des dollars glissés à travers la fente d'une vitre, d'un côté on voit les dollars américains, de l'autre les billets deviennent de la terre sur laquelle sont plantés des panneaux solaires et des éoliennes.
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Malgré la crise énergétique actuelle, exacerbée par la guerre en Ukraine, il est possible d’investir durablement dans ce secteur, qui recèle d’opportunités pour les investisseurs qui chaussent des lunettes vertes.

Des 11 indices d’actions des secteurs mondiaux de Morningstar, celui de l’énergie est celui qui s’est le mieux comporté au cours de la dernière année.

Voici quelques conseils inspirés des stratégies de la firme pour pratiquer l’investissement durable durant la crise de l’énergie.

  1. Se passer des carburants fossiles

On a beau avoir l’esprit large, le pétrole, et plus largement les carburants fossiles, sont à priori peu compatibles avec une stratégie d’investissement ESG. Selon Morningstar, on pourrait tout simplement bannir les carburants fossiles des investissements sans subir de lourdes conséquences. La firme signale que son indice qui exclut les carburants fossiles ne s’est en effet pas beaucoup écarté de l’ensemble du marché ces dernières années, malgré les fluctuations. De plus, la hausse du prix du pétrole, qui devrait se poursuivre jusqu’à la fin de 2023 selon ses analystes, profite aux sociétés énergétiques et contribue à faire augmenter la juste valeur de leurs actions.

  1. Atténuer les risques ESG

Il est possible de profiter des opportunités offertes par le secteur de l’énergie tout en limitant les risques ESG dans les portefeuilles. Une stratégie efficace pour y parvenir consiste à sous-pondérer les secteurs de l’énergie et des matériaux de façon systémique. En effet, les entreprises qui extraient des combustibles fossiles et des minerais produisent des émissions et des déchets polluants qui contribuent à faire baisser leur note ESG. Leur bilan à cet égard est également critiqué sur le plan de la santé des travailleurs et de l’éthique. En sous-pondérant ces industries au profit de secteurs qui ont un bilan plus vert, comme les technologies, on s’assure de rendre les portefeuilles plus durables.

  1. Rechercher des occasions ESG

Certaines organisations qui ne font pas partie d’un secteur directement lié aux critères ESG peuvent utiliser des arguments verts afin d’améliorer leur avantage concurrentiel. Il y a donc moyen pour les investisseurs de les cibler dans le cadre d’une stratégie de sélection ESG positive. Cette approche a l’avantage d’être moins soumise à certains éléments comme le secteur de l’industrie ou à la région géographique dont dépend la société. Cependant, le risque est de passer à côté de certains profits si le secteur en question surperforme. Les données actuelles ne permettent pas d’établir si la participation au secteur de l’énergie s’avèrera positive ou négative à long terme, indique Morningstar, qui se réfère sur ce point à Warren Buffett, selon lequel : il faut « être cupide quand d’autres ont peur, et avoir peur quand d’autres sont cupides ».

  1. Pratiquer la gestion active des ESG

Les indices peuvent être utilisés par les investisseurs ESG comme des outils pour faciliter la gestion active. Les indices climatiques, par exemple, permettent aux investisseurs de mettre en application leur opinion sur les changements climatiques tout en centrant leurs investissements sur des activités durables. Les indices donnent une pondération plus faible que celle du marché à des entreprises qui affichent un bilan ESG controversé, tandis qu’une pondération supérieure à la moyenne est accordée à celles qui font de réels efforts pour réduire leur empreinte carbone. Il n’est donc pas impossible de trouver des sociétés de carburants fossiles qui exercent un leadership dans les énergies renouvelables, du fait de leurs ressources et de leurs compétences.

  1. Investir dans les ESG thématiques

La part des investissements thématiques sur le marché a triplé au cours des dix dernières années, notamment grâce au secteur des énergies renouvelables, selon Morningstar. Pourtant, certaines sociétés impliquées dans la lutte aux changements climatiques ont une intensité carbone importante, car elles sont impliquées à la fois dans les carburants fossiles et dans les énergies renouvelables. De plus, ces entreprises peuvent avoir des produits et services respectueux de l’environnement, mais polluer par leurs activités. Enfin, il faut savoir qu’un portefeuille d’actions concentrées par industrie et secteur, dont beaucoup sont fortement corrélées, risque de connaître des fluctuations beaucoup plus grandes qu’un portefeuille diversifié, rappelle Morningstar.

 

En somme, il n’y a pas une seule réponse sur la manière d’investir durablement en période de crise énergétique. Plusieurs approches ESG peuvent cohabiter harmonieusement, et l’investissement durable peut s’exprimer différemment dans ses motivations et ses applications. L’un n’empêche pas l’autre. Il est possible, par le jeu de l’exclusion et de la sélection de titres, à la fois de limiter les risques ESG dans les portefeuilles et de profiter des opportunités du secteur énergétique.