2021 écrit à la craie, sur un tableau noir.
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Si 2020 est une année qu’on aimerait bien pouvoir effacer de nos mémoires, certaines de ses leçons sont particulièrement utiles, notamment en matière de gestion de portefeuille. Dans une entrevue avec Les Affaires, Luc Girard, gestionnaire de portefeuille chez Noël, Girard, Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins, parle des quatre leçons qu’il a retenues en 2020 et de ses résolutions pour la nouvelle année.

LES LEÇONS DE 2020

Luc Girard affirme avoir retenu quatre leçons à la fin de l’année.

La première est que tout peut arriver. Personne ne pouvait prévoir qu’un virus allait ravager la planète et jeter l’économie mondiale par terre, il est donc essentiel de prévoir les pires scénarios lorsque l’on construit son portefeuille.

La deuxième est en réalité attribuable à Warren Buffett. Ce dernier répète souvent de ne pas laisser les émotions déranger la raison, une maxime qui s’est révélée fort utile en 2020.

Effectivement, ceux qui n’ont pas cédé à la panique en mars ont été grassement récompensés. Du point de vue des rendements, les indices s’en sont bien tirés. Cette année, le TSX a fait 5,60 %, le S&P 500 16,47 % (en dollars canadiens) et le Dow Jones 7,95 % (en dollars canadiens), de bons résultats pour une année soi-disant catastrophique.

La troisième leçon apprise par Luc Girard, c’est que personne ne peut prévoir le futur, encore moins au niveau des marchés boursiers, on peut juste se fixer une direction. Lui-même conseille d’adopter une approche descendante pour construire son portefeuille. « On commence par une analyse macroéconomique, on suit d’une analyse sectorielle et on termine avec justement les titres individuels », précise-t-il.

Finalement, Luc Girard conseille de rester dans la qualité, car la spéculation peut faire très mal. « Tout ce qui monte redescend, mais l’inverse n’est pas toujours vrai », prévient-il. Lors d’une correction, les titres de qualité ont tendance à mieux se maintenir et à remonter plus rapidement. Il estime donc intelligent de toujours choisir des compagnies avec de bons bilans et ayant des marques de commerce bien établies.

DES RÉSOLUTIONS INTÉRESSANTES

« Après la pluie, le beau temps! », affirme Luc Girard. Le cycle haussier est mort en mars dernier et un nouveau cycle vient de commencer apportant avec lui de belles opportunités, selon lui.

Parmi ses résolutions, il a décidé de diminuer un peu sa portion de revenu fixe dans son portefeuille. « La pression va être très très forte sur la partie revenu fixe étant donné que les taux vont recommencer à partir vers le haut. Donc il faudrait sous-pondérer cette classe d’actifs par rapport à notre cible », déclare-t-il.

Sa deuxième recommandation consiste à diversifier son portefeuille d’un point de vue sectoriel et géographique. Il conseille également de surpondérer les secteurs peu cycliques comme les secteurs industriels, de la santé, technologique et financier et de sous-pondérer les secteurs de la consommation de base, de l’énergie et des services publics.

Finalement, il rappelle qu’il serait sûrement bon de remettre à jour le plan d’investissement de chaque client, car celui-ci pourrait bien avoir été malmené par la COVID-19.