Couple qui magasine.
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En l’espace de 20 ans, les grandes compagnies de biens de consommation ont envahi les Bourses mondiales, au point de représenter aujourd’hui 18 % des capitalisations totales, contre 6 % en 2000, rapportent Les Echos.

Le quotidien économique français explique que « deux phénomènes ont propulsé le secteur des biens de consommation au premier plan » : d’une part, l’explosion de la firme Apple, et d’autre part, le développement du secteur du luxe, notamment en Asie et en Europe. C’est la conclusion qu’il tire d’une analyse de Pascal Quiry et Yann Le Fur, professeurs de finance à HEC Paris, publiée dans la dernière lettre du site web d’information financière Vernimmen.

Ainsi, la marque cofondée par Steve Jobs, qui valait à peine cinq milliards de dollars américains en 2000, « pèse » désormais quelque 1 378 milliards de dollars, selon les plus récentes données de Bloomberg, juste derrière Microsoft (1 390 milliards de dollars).

De même, les valeurs liées aux secteurs de la consommation haut de gamme se sont beaucoup développées sur la planète. En 2018, le groupe Moët Hennessy Louis Vuitton est, par exemple, devenu la première capitalisation de la Bourse de Paris. Quant aux géants comme Nestlé, Unilever, Danone ou Walmart, ils ont également grossi beaucoup plus vite que la moyenne des grandes sociétés cotées.

LA MONTÉE EN PUISSANCE DE LA CHINE

En revanche, cette progression fulgurante des multinationales du luxe et des biens de consommation s’est faite au détriment des secteurs de l’industrie et des services. La part de l’industrie dans les capitalisations boursières mondiales est passée de 25 % à 10 % en l’espace de 20 ans, ce qui constitue un véritable « effondrement », constatent Pascal Quiry et Yann Le Fur. Les auteurs en veulent pour preuve la dégringolade du géant américain General Electric qui, depuis 2018, n’appartient plus au club des 20 premières capitalisations chez nos voisins du Sud, relèvent Les Echos.

Mais contrairement à une idée reçue, ce n’est pas seulement le secteur du web et des nouvelles technologies qui a supplanté l’industrie en Bourse. Si des géants comme Google, Facebook et Tencent sont devenus incontournables depuis les années 2000, toutes les valeurs du secteur n’ont pas enregistré un tel succès.

Géographiquement, les États-Unis continuent de caracoler en tête, avec 46 % des capitalisations boursières mondiales. Toutefois, alors qu’en 2000, des firmes comme General Electric, Intel, Cisco, Microsoft, Exxon Mobil et Pfizer constituaient le socle de la domination américaine, 20 ans plus tard, les géants de la tech (Microsoft, Apple, Amazon et Alphabet) les ont supplantées, note le quotidien économique.

« Pour entrer dans le top 20 américain en 2000, il fallait peser l’équivalent de 117 milliards d’euros [104 G$ US]. En 2020, il faut capitaliser 178 milliards d’euros [158 G$ US] », relèvent Pascal Quiry et Yann Le Fur.

Seuls Toyota au Japon, Nestlé, Roche et Novartis en Suisse ainsi que cinq groupes chinois (Alibaba, Tencent, ICBC, Kweichow Moutai et China Construction Bank) pourraient y prétendre, ajoutent-ils.

Aujourd’hui, la Chine représente 16 % des capitalisations boursières mondiales, contre 10 % en 2000. Suivent, dans l’ordre : le Japon, la Suisse, la France et le Royaume-Uni (6 à 7 % chacun). Quant à l’Allemagne, elle ne « pèse » plus que 5 % du total des capitalisations boursières sur la planète (contre 8 % auparavant).