Couper une liasse de billets de banque avec des ciseaux.
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En matière de frais et de dépenses, les États-Unis, l’Australie et les Pays-Bas sont les meilleurs élèves de la planète finance, tandis que la Canada améliore sa performance et passe sous la moyenne mondiale, selon une étude publiée mardi par Morningstar.

Dans ce premier chapitre de son rapport biennal sur l’expérience des investisseurs mondiaux dans 26 marchés couvrant l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Asie et l’Afrique, la firme scrute le poste « frais et dépenses ».

Pour évaluer les coûts encourus par les investisseurs des fonds communs de placement (FCP) dans ces marchés, ses analystes ont élaboré un système de notation utilisant une échelle de notation constituée des mentions « Supérieure », « Au-dessus de la moyenne », « Moyenne », « Au-dessous de la moyenne » et « Inférieure » (voir l’encadré).

C’est ainsi que les Pays-Bas, les États-Unis et l’Australie se voient attribuer la note « Supérieure », ce qui les signale comme étant les marchés les plus fiscalement accueillants pour les investisseurs dans le domaine des frais et des dépenses. La raison? Les deux premiers ont mis en place « une réglementation efficace ayant conduit à un degré élevé de transparence des frais », tandis que dans le troisième, « la concurrence et les économies d’échelle ont permis d’épargner de l’argent ».

En revanche, l’Italie et Taïwan obtiennent la pire note, c’est-à-dire « Inférieure ». Morningstar qualifie même ce dernier pays de « mauvais élève permanent », car ses frais et dépenses comptent parmi les plus élevés des marchés.

LE CANADA PROGRESSE PAR RAPPORT À 2017

La note en matière de frais et de dépenses pour le Canada, quant à elle, s’améliore par rapport à la précédente enquête de Morningstar pour passer sous la moyenne mondiale, « ce qui reflète la disponibilité et l’adoption accrues des catégories d’actions sans rétrocession (retrocession-free share classes) ainsi que l’importance négligeable des frais d’acquisition (front loads) au pays.

Toutefois, souligne la firme, ces progrès demeurent limités par les frais médians pondérés en fonction de l’actif, qui sont parfois les plus élevés de tous les marchés étudiés dans l’étude. Sur le marché fermé, les frais médians pondérés en fonction de l’actif sont par exemple de 1,94 % pour la répartition, de 1,98 % pour les actions et de 0,99 % pour les fonds à revenu fixe.

Bien que ces chiffres puissent légèrement varier selon le fournisseur de fonds, un investisseur canadien paie une commission de suivi incorporée pour les fonds d’actions de 1 %, et de 0,5 % pour les fonds à revenu fixe, calcule Morningstar. La firme relève également que, dans le cas des quelques fonds qui prévoient une mise de départ maximale dans leurs documents d’offre, les investisseurs particuliers sont libres d’en négocier le montant avec leur courtier. De plus, lorsqu’ils achètent des fonds sans conseil, ils ont la possibilité d’investir sans payer de frais ou de commissions de suivi, ou du moins d’un montant beaucoup plus faible.

Le rapport met également l’accent sur le fait que les ratios de frais médians pondérés selon les actifs des fonds du pays et des fonds disponibles à la vente ont diminué dans une majorité des 26 marchés couverts par l’étude depuis 2017. Dans ce domaine, ce sont les Pays-Bas qui ont enregistré la plus forte baisse, suivis par l’Inde et le Canada.

DES EFFORTS POUR AMÉLIORER LA TRANSPARENCE DES FRAIS

À noter que la moitié des marchés étudiés ont reçu une note « Moyenne » ou « Au-dessus de la moyenne », ce qui fait dire aux analystes de Morningstar que « l’expérience des investisseurs s’améliore dans de nombreux marchés en raison de frais plus bas et d’un accès facile pour les clients désireux d’acheter des fonds sans frais d’acquisition ou commissions de suivi ».

Dans de nombreux marchés, les autorités prennent en outre des dispositions pour promouvoir la transparence des frais, les politiques gouvernementales ayant facilité de meilleures économies d’argent dans ces marchés au moyen d’incitations fiscales, de mesures coercitives, ou les deux. Enfin, une « croissance considérable » de l’industrie du placement, aidée par la hausse des marchés et une épargne accrue, ont également mis en vedette le besoin de partager les avantages des économies d’échelle avec les investisseurs.

« Notre étude (…) a pour objectif de dynamiser les investisseurs dans le monde entier par la promotion du dialogue et de la transparence qui doivent entourer les pratiques exemplaires des fonds communs mondiaux du point de vue des porteurs de parts. Depuis sa dernière édition, en 2017, nous avons vu les frais des fonds continuer à baisser dans tous les marchés mondiaux. Cela reflète plusieurs tendances dominantes : une concurrence ordonnée, l’intervention des autorités et des pratiques changeantes qui ont conduit à une dissociation des frais de conseil et de vente par rapport aux ratios de frais de gestion dans certains marchés », résume Grant Kennaway, chef des pratiques mondiales de la recherche sur les gestionnaires et co-auteur de l’étude. «

La méthodologie utilisée par Morningstar

L’étude publiée mardi porte principalement sur les fonds à capital variable offerts à tout le monde, ou sur les fonds communs enregistrés destinés aux particuliers qui ne sont pas cotés en Bourse. Elle utilise des ratios de frais pondérés selon les actifs comme la meilleure mesure objective pour comparer les fonds dans tous les marchés mondiaux. L’enquête comportait en outre quelques questions sur les fonds négociés en Bourse pour évaluer leur incidence et leur niveau d’utilisation dans chaque marché.

Les changements apportés à l’étude de cette année par rapport à celle publiée en 2017 concernent notamment l’utilisation du coût représentatif, qui sert de référence au ratio des frais dans la perspective de comparaisons inter-régions et inter-pays. Le calcul des frais de l’étude de 2019 se fonde ainsi sur la méthodologie du coût représentatif. Un autre élément nouveau est l’ajout du Mexique, dont le marché des fonds a reçu la note « Au-dessous de la moyenne » en matière de frais et de dépenses.