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Dans un marché haussier qui semble ne jamais vouloir s’essouffler, il peut être tentant pour les investisseurs de se tourner vers des outils d’investissement qui permettent de décupler les rendements enregistrés par les indices de référence. Parmi ces instruments particulièrement en vogue, il y a le FNB à effet de levier. Mais attention avant de vous lancer, ces fonds recèlent bien plus de pièges que d’atouts.

Les FNB à effet de levier ont recours à des contrats à terme afin de générer un levier sur les montants qu’ils investissent. Leur objectif est de doubler ou de tripler le rendement quotidien d’un indice en particulier. Certains d’entre eux sont même conçus de façon à reproduire de façon opposée le rendement du marché : les FNB à rendement inversé.

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Bien sûr, les rendements obtenus par ces fonds sont multipliés, autant à la hausse qu’à la baisse. Mais les risques inhérents à ces produits vont bien plus loin. Les FNB à effet de levier sont conçus pour la spéculation à court terme et ne devraient pas être détenus plus d’un jour. En fait, un investisseur qui conserve un FNB à effet de levier sur une longue période est mathématiquement presque certain de perdre de l’argent, prévient Morningstar.

Comment cela est-il possible? Pour être en mesure de doubler ou tripler le rendement quotidien d’un indice, les FNB à effets de levier doivent rééquilibrer leur position à chaque jour. Autrement, les montants « empruntés » ne concorderaient plus avec les actions réellement détenues, explique la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario.

En résumé, plus le titre ou l’indice sous-jacent sera volatil, plus l’incidence des variations quotidiennes sur la valeur à long terme du FNB à effet de levier sera grand, et plus la perte sera importante.

L’EFFET COMPOSÉ DE LA VOLATILITÉ

Un tableau comparatif sur le site web de l’Autorité des marchés financiers (AMF) permet de visualiser ce phénomène. Prenons l’exemple d’un épargnant qui investit 1000 $ dans un FNB à effet de levier conçu de façon à doubler un indice de référence. Ce dernier vaut 10 000 points la journée de l’achat.

Si l’indice enregistre un gain de 1 % le lendemain, le FNB à effet de levier, lui, générera un rendement doublé de 2 %. La valeur du placement de l’épargnant atteindra donc 1020 $. Mais le lendemain, l’indice baisse de 100 points (-0.99 %). Le FNB encaisse alors une perte de 1,98 % et vaut maintenant 999,80. Même si l’indice est revenu à son point de départ, l’épargnant a subi une perte de 0,20 $.

Si le même scénario se poursuit jour après jour, au bout d’un an, la valeur du placement dans le FNB à effet de levier ne sera plus que de 964,60 $. Pourtant, l’indice n’a pas perdu (ni gagné) de valeur et se situe toujours à 10 000 points. Un FNB traditionnel qui se contente de reproduire le rendement de l’indice, lui, vaudrait encore 1000 $, et n’aurait donc encaissé aucune perte.

Cet exemple illustre bien les risques d’investir à long terme dans les FNB à effet de levier, et la quasi-certitude qu’a l’investisseur de perdre de l’argent, surtout dans une période de forte volatilité des marchés. Et même dans un contexte de marché très favorable, rien ne garantit qu’un tel produit va remplir ses promesses.

Depuis sa création en 2010, le FNB à effet de levier HUS d’Horizons a généré un rendement annuel composé de 10,46 %. En comparaison, son indice sous-jacent, le S&P 500, a crû en moyenne de 9,8 % par année pendant la même période, rapporte Les Affaires. Une bien maigre valeur ajoutée considérant le niveau de risque élevé de ce produit.

Malgré tout, les FNB à effet de levier peuvent se révéler utiles dans les portefeuilles de grands investisseurs institutionnels. Les investisseurs professionnels peuvent par exemple les utiliser dans le cadre d’une stratégie de couverture de risque, note Morningstar.

Bref, si vous ne voulez pas que la volatilité gruge le rendement de votre client, vaut mieux vous tenir loin des FNB à effet de levier et plutôt privilégier une bonne vieille stratégie de placement à long terme.